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Des femmes de jihadistes bientôt de retour en France: quelles peines encourent-elles?

Parmi les membres de l'Etat Islamique retenus dans les geôles turques, différentes nationalités européennes, et notamment 11 Français qui devraient être renvoyés prochainement.

La Turquie a commencé lundi à expulser des membres étrangers de l’Etat Islamique qui étaient emprisonnés dans ses prisons. Parmi ces membres de l’EI retenus dans les geôles turques, on compte notamment 11 Français dont quatre femmes et sept enfants. 

Si le calendrier de leur expulsion n’a pas encore été clairement donné, une certitude existe. Une fois sur le sol français elles seront toutes arrêtées et prises en main par la justice française. Les enfants, eux seront confiés à l'aide sociale à l'enfance.

Selon Amine Elbahi, lui-même oncle de deux enfants détenus en Syrie, et qui milite pour un rapatriement des Français qui avaient rejoints l’EI, la question du rapatriement ou non de ces personnes ne se fait même pas, car il estime que la France est mise devant le fait accompli par la Turquie. 

10 à 30 ans d'emprisonnement

Mais alors que risque ces femmes qui ont rejoint les rangs de Daech il y a déjà plusieurs années ? Amine Elbahi explique qu’il y a une distinction à faire entre deux cas distincts.

"Sur les quatre femmes, il y en a deux qui sont parties avant 2015, soit avant les attentats, et deux autres sont parties après 2015. D’un point de vue pénal, cela signifie que celles qui sont parties avant 2015 pourront bénéficier d’une correctionnalisation et pourront encourir jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Tandis que les femmes qui sont parties après les attentats de 2015 pourront être jugées devant une cour d’assise spéciale où elles risquent 30 ans de réclusion criminelle", détaille-t-il.

Cependant, il insiste sur le fait que les enfants eux, dont la majorité ont moins de 6 ans, n’ont rien demandé et ils doivent être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, avant d’être remis à leur famille. 

Guillaume Descours