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"En maintien de l'ordre, il y a toujours un risque de dommages collatéraux", estime le commissaire David Le Bars

DOCUMENT RMC - Invité du "Grand Oral", David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, a estimé que la stratégie mise en place lors de la manifestation de samedi a permis d'éviter la formation de black-block et la casse.

Samedi, près de 5000 personnes ont une nouvelle fois manifesté à Paris contre la loi “Sécurité Globale”. Une manifestation qui a été marquée par l’absence de casse en comparaison des précédents rassemblements. 

Si le cortège était d’une part beaucoup moins important que lors des derniers samedis, selon le commissaire divisionnaire, David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, c'est surtout la présence importante de policiers qui a permis de contenir les violences. 

“Samedi, il y a eu une poche black bloc qui a essayé de se constituer autour de 200-300 personnes. Donc quand vous mettez 3000 policiers face à une foule qui correspond à peu près numériquement, la manoeuvre est moins risquée que si vous tentez la même chose dans une manifestation à 50.000 ou 100.000 personnes avec un black bloc qui profite de la foule comme bouclier. Donc ça a marché parce que c’était faisable, parce que la prise de risque était moindre, parce que les effectifs étaient suffisants et parce que cette stratégie a plu à la grande majorité”, indique-t-il. 

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Une stratégie à adapter

Il rappelle que la même stratégie avait été employée le 1er mai 2019 lors d’une manifestation CGT. Si la stratégie avait été dénoncée par les syndicats, “elle avait permis d’empêcher les casseurs d’agir, affirme-t-il. 

Il précise que les stratégies de maintien de l’ordre ne sont pas les mêmes de manifestations en manifestations, car elles doivent être adaptées notamment en fonction de l’affluence. Il indique que la question principale, c’est “l’acceptation du risque par les politiques”. 

“Il y a toujours un risque de dommages collatéraux. Quand on demande aux policiers d’agir, de faire usage de la force, ça augmente le risque de blessures à la fois côté forces de l’ordre et côté manifestants”, explique-t-il.
Guillaume Descours