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Gilets jaunes: Il est difficile d’estimer si un policier a utilisé la violence dans le cadre bien défini de ses fonctions

Depuis le mouvement des gilets jaunes, plusieurs plaintes sur des cas de violences policières ont été enregistrées. Au total, 240 enquêtes ont été ouvertes. Cependant, celles-ci semblent rester sans suite. Bien qu'apparemment 60 d'entre elles ont été closes et transmises à la justice, la suspicion reste forte.

Depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", 240 enquêtes ont été ouvertes suite à des violences policières résumées. Au moins 60 enquêtes sont désormais closes, et transmises à la justice en attente de traitement. 

Pour Mourad Boudjellal, il faut remettre les choses dans leur contexte.

"Peut-être qu’il y a des policiers qui sont exaspérés de voir leur visage sur Facebook avec marqué ‘vermine à exterminer’. Il y a peut-être une usure. Les policiers, je ne sais pas combien de jours de RTT, ils ont à récupérer, ça se compte en milliards d’heures", affirme-t-il. 

Une situation qui fait que, selon le président du RCT, certains policiers ne font pas "du tri sélectif" entre les pacifiques et les casseurs. 

Une volonté de garder les policiers mobilisés?

Certains "gilets jaunes" s’interrogent sur le temps de traitement est très lent et certains dénoncent même une obstruction volontaire. Mais pour Mourad Boudjellal, ce temps de traitement plus long s’explique aussi parce qu’il "est plus difficile d’estimer si un policier a utilisé la violence dans le cadre bien défini de ses fonctions ou s’il était hors du cadre de ses fonctions. La différence, c’est que si moi demain, j’utilise la violence, je n’ai aucune fonction pour l’utiliser donc c’est facile à déterminer", explique-t-il. 

Enfin, il y a également la gestion des policiers qui entre en compte. En effet, alors que la mobilisation est vouée à se poursuivre dans les prochaines semaines, les policiers doivent rester mobilisés. Or, selon Mourad Boudjellal, si plusieurs policiers venaient à être lourdement sanctionnés, "je ne suis pas convaincu qu’une partie, on ne les retrouve pas du côté des ‘gilets jaunes’".

Sur les 240 enquêtes ouvertes, 161 viennent du parquet de Paris pour des faits qui se sont produits lors de manifestations qui se sont déroulées dans la capitale. 

Guillaume Descours