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"La rupture entre les citoyens et les politiques est telle qu’il faut qu’on assume de se mettre à poil"

Alors que le gouvernement d'Emmanuel Macron prépare une loi sur la moralisation politique, les critiques se multiplient contre Richard Ferrand ministre de la Cohésion du territoire. Des critiques qui se heurtent à la justice, qui estime qu'il n'y a pas d'affaire. De son côté, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement et invité des Grandes Gueules, se refuse à être un "juge moral" et réaffirme la nécessité de la mise en place de cette loi.

Après Richard Ferrand, c’est désormais Marielle de Sarnez qui se retrouve sous le feu des critiques. Si le parquet national financier n'est pas allé plus loin avec le ministre de la Cohésion du territoire, sa collègue aux Affaires européennes fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris, pour abus de confiance. Des problèmes dont le gouvernement se serait volontiers passé, alors qu'il travaille sur la loi de moralisation de la vie politique. Pour Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, la difficulté ici est de statuer entre la justice et la morale. Dans les Grandes Gueules, il se refuse à trancher dans l’affaire Ferrand.

"Qui est le juge de la morale? C’est toute la difficulté. Il y aurait une morale qui nous ferait pousser Richard Ferrand à sortir? Je ne suis pas juge de la morale, les journalistes non plus. Si le parquet avait ouvert une enquête et que Richard Ferrand avait été mis en examen, je pense qu’il aurait sauté immédiatement. Je suis convaincu que lui-même aurait pris la décision de se mettre en rentrait".

Accusé notamment par Bernard Accoyer, porte-parole des Républicains, d'influencer la justice avec le gouvernement, Christophe Castaner se défend. "Je veux réaffirmer au nom du gouvernement l’indépendance du parquet. On peut penser que le parquet a raison de dire qu’il n’y a rien. C’est un peu différent que l’organisation familiale de détournement de fonds publics du clan Fillon. Mais je laisse juge les juges".

Pour le porte-parole du gouvernement, les élus doivent être en tout point transparents, afin de faire disparaître la défiance des citoyens envers les hommes politiques. "On va très loin avec les élus mais c’est nécessaire. On va très loin, et je pourrais presque vous dire trop, quand je dois publier dans ma déclaration de patrimoine les assurances vies de mes filles. Mais je pense que la rupture entre les citoyens et les politiques est telle qu’il faut qu’on assume de se mettre à poil. Je suis un peu brutal mais il faut assumer cela".

Pour Christophe Castaner, c’est grâce à cette transparence et des règles strictes que les Français auront à nouveau confiance dans la politique. "Si les règles sont acquises pour tous, on n’ira même plus voir les déclarations de patrimoine. La mienne je l’ai rendu publique et ça a suscité de la curiosité. Pourtant, dans cinq ans, je suis convaincu qu’en la rendant publique, tout le monde s’en fichera, c’est ça l’enjeu".

Les Grandes Gueules avec A. B.