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La ville de Grenoble finance l'installation d'un rond-point pour les "gilets jaunes": Eric Piolle se justifie sur RMC

A Grenoble, la ville a décidé de financer à hauteur de 11.000 euros un aménagement de rond-point qu'occupent depuis deux ans des "gilets jaunes". Le maire Eric Piolle était l'invité des "Grandes Gueules".

La polémique enfle à Grenoble. La mairie a débloqué 11.000 euros pour financer des travaux sur un rond-point où sont installés depuis deux ans des “gilets jaunes”. Le rond-point ne ressemble d’ailleurs plus vraiment à ça. Une pergola y a été installée ainsi qu’un parquet.

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Une installation qui ravit les “gilets jaunes” présents qui se sont confiés à France Bleu Isère. “Ça va être le grand luxe, le confort !”, ont-ils indiqué. En revanche, l’opposition crie au scandale. "C'est scandaleux d'utiliser ainsi l'argent des contribuables grenoblois", a indiqué toujours à France Bleu, la député LREM, Emilie Chalas.

Le maire de Grenoble lui, assure ne pas comprendre la polémique qu’il juge alimenté par “la macronie”. Il s’est expliqué sur le déblocage de ces fonds ce mercredi dans les Grandes Gueules. 

“Il se trouve qu’on a lancé il y a trois ans et demi de ça un programme qui s’appelle ‘chantier ouvert au public’. Des chantiers dans lesquels il y a des bénévoles qui viennent, qui fabriquent quelque chose. Et il y a la mairie qui apporte des compétences techniques et du matériel. Donc ça se fait pour les ‘gilets jaunes’ comme ça se fait un peu partout pour la ville. Et ça fonctionne très très bien, c’est une façon de se réapproprier la ville”, assure-t-il au micro des "Grandes Gueules".

"Pas de politisation", affirme le maire

Une justification qui ne satisfait absolument pas Jean Gérard, habitant de Grenoble depuis 25 ans. Lui pointe du doigt cet investissement alors qu’il y a beaucoup d’autres priorités selon lui.

“Le soir à Grenoble les gens n’osent plus sortir, aller au restaurant parce que c’est un coupe-gorge. Vous avez une insécurité qui est énorme. Il faudrait peut-être dire à monsieur le maire qu’il faut réagir. Ce n’est pas possible des trucs comme ça, ça me fait bondir”, ajoute-t-il.

Eric Piolle lui laisse entendre que ceux qui se révoltent contre ces 11.000 euros débloqués sont des gens qui dénigrent le mouvement "gilets jaunes". 

"Je ne suis pas de cela. J’ai passé l’anniversaire du mouvement sur un rond-point avec eux et je n’ai absolument pas retrouvé les caricatures qu’on fait de ces gens", appuie-t-il.

Il précise que des dizaines de chantier comme celui-là existent dans la ville. “Certains créent des jardins. Il n’y a pas de dimension politique. Le droit commun s’applique à tous”, précise le maire. 

Guillaume Descours