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Retour des "gilets jaunes", risque d'embrasement... le directeur de l'Ifop évalue le risque de troubles en France

La hausse des prix pourrait permettre le retour des "gilets jaunes". Mais paradoxalement, l'arrivée de l'élection présidentielle pourrait déplacer la lutte dans les urnes.

Alors que la contestation contre le pass sanitaire s'essouffle, le gouvernement craint désormais le retour des "gilets jaunes", face à la flambée des prix de l'essence, du gaz et de l'électricité. Le 17 octobre dernier déjà, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur les ronds-points. Un retour marginal comme prémisse d'une nouvelle révolte? Pas si simple.

"Ce n'est pas sûr que l'on voit ressurgir des centaines de milliers de "gilets jaunes" sur les ronds-points", estime ce jeudi sur RMC Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, et co-auteur de "La France sous nos yeux". "Il faut être prudent parce que personne ne les avait vu venir, même si le terreau est toujours extrêmement inflammable", tempère-t-il.

Car la tentation est grande à quelques mois de l'élection présidentielle. Mais c'est aussi cette élection qui pourrait finalement pousser les français à ne pas investir les ronds-points: "Est-ce qu’ils vont sortir du bois, ce n’est pas évident mais peut-être que la proximité d’une élection leur fait penser que voter leur permettra de faire entendre leur voix", prédit Jérôme Fourquet.

"C'est un peu le réflexe, 'je veux parler au directeur'. On va voter à l'élection présidentielle histoire de choisir le 'boss' et après on va protester ou soutenir son candidat", ajoute-t-il.

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"Le sentiment le plus répandu est l'évitement"

Mais la question de la hausse des prix pèse quand même et la grogne est grandissante: "La question des prix des carburants est aussi inflammable et explosive parce que derrière il y a un rapport à la taxe et l’impôt. Les Français se disent qu’ils paient encore mais qu’ils ne voient pas le retour derrière. Cette question est centrale car elle touche à la notion de dépenses contraintes".

Révolte et manifestations peut-être, mais l’idée d’une guerre civile déjà établie, comme avancée par le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour n’est pas du tout dans l’ère du temps estime Jérôme Fourquet :

"Cette notion n’est pas partagée par la majorité de nos concitoyens, beaucoup ne la souhaitent pas. Le sentiment le plus répandu est l'évitement, ce n’est jamais agréable d’aller à la confrontation. Il y a un repli sur la sphère privée, le cocon et la maison individuelle", conclu-t-il, ajoutant qu'une partie de la population est très tendue.

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Guillaume Dussourt