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Le coup de gueule de Thibault Lanxade sur l'affaire Benalla: "C'est de la télé-réalité!"

Lundi, Alexandre Benalla a de nouveau été interrogé par la commission d'enquête du Sénat à propos de ses passeports diplomatiques qu'il a utilisé après son licenciement.

Alexandre Benalla est de nouveau passé devant la commission du Sénat lundi. Il a notamment été interrogé sur l’utilisation de passeports diplomatiques après son renvoi alors qu’il avait affirmé lors de sa première audition le 19 septembre qu’ils étaient à l’Elysée. 

Pour cette nouvelle audition, plus de 750.000 personnes ont regardé en direct les échanges entre les sénateurs et Alexandre Benalla selon des données de Médiamétrie. Une diffusion qui dérange Thibault Lanxade qui juge la médiatisation de ces auditions anormales. 

"On vit cette affaire Benalla, et vous en donnez l’illustration, comme de la télé-réalité. On en est maintenant à ‘le téléphone était sur le carton, l’arme était sur l’étagère’... Et vous théâtralisez par cette commission, et je ne crois pas que ça grandisse le Sénat, cette affaire d’État qui n’en n’est pas une, qui est une malheureuse histoire de la contrescarpe qui dégénère. Et le travail parlementaire devrait s’exercer sur des affaires qui en valent le coup", affirme le directeur d’entreprise.

Benalla reconnaît une "connerie"

Pour Esther Benbassa, sénatrice EELV, les auditions menées par la commission du Sénat ont été faites dans "la stricte conformité d’une commission d’enquête". "Nous ne sommes pas juges, il y a la justice en France", indique-t-elle. 

Alexandre Benalla a affirmé lundi ne pas avoir menti. "J'ai restitué mes passeports, les clés de mon bureau, le badge d'accès à l'Élysée" fin août 2018, affirme Alexandre Benalla. "Ces passeports m'ont été rendus à nouveau alors que j'avais été contacté par un membre de l'Élysée, un personnel salarié de l'Élysée, début octobre 2018", avec "un certain nombre d'éléments personnels, un chéquier, une paire de clés". Il a cependant reconnu que les avoir utilisés était "une connerie". 

Mais pour Esther Benbassa, cette version est bizarre. "C'est très drôle que l'administration lui rende ses passeports une fois qu'il a été licencié", explique-t-elle, indiquant qu'il s'est caché derrière l'information judiciaire pour ne pas répondre à certaines questions. 

Guillaume Descours