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Marine Le Pen refuse une expertise psychiatrique: "Elle instrumentalise alors que c'est la loi qui le prévoit"

Ce jeudi 20 septembre, Marine Le Pen s'est insurgée contre l'expertise psychiatrique qui lui est imposée. "C'est proprement hallucinant. Ce régime commence à me faire peur", a-t-elle précisé sur son compte Twitter.

Le 16 décembre 2015, Marine Le Pen publiait sur Twitter trois photographies de l'Etat Islamique avec le texte: "Daech, c'est ça". Un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité du journaliste américain James Foley, la tête posée sur le dos.

"Je n’irai pas, bien entendu"

Elle était alors mise en examen pour "diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité susceptible d’être vu ou perçu par un mineur", un délit passible de trois ans de prison et 75.000 euros d’amende.

Et dans le cadre de cette procédure, une expertise psychiatrique n'est pas une exception, mais la règle. La loi l’impose pour toutes les personnes mises en examen pour ce type de délit.

"Je n’irai pas, bien entendu", a-t-elle précisé dans les couloirs de l’Assemblée nationale. "Ça commence à faire beaucoup, les tentatives pour nous ruiner, les affaires qui sont créées de toute pièce", ajoute-elle, s'estimant "persécutée" par les juges.

"Vérifier si elle était consciente ou pas sur le moment et si elle est responsable ou non"

Pour notre GG avocate, Marie-Anne Soubré, cet examen est une obligation légale et ne mérite donc pas tant de protestations de la part de la présidente du Rassemblement National.

"C’est lié à la qualification et la qualification c’est d’avoir diffusé des images qui pourraient être accessibles y compris à des mineurs. A partir du moment où on diffuse ces images sur Twitter qui est accessible à des mineurs, la loi prévoit cette expertise psychiatrique qui ne cherche qu’à vérifier si elle était consciente ou pas sur le moment et si elle est responsable ou non". 

"On ne fait pas plus avocate qu’elle"

Une réaction disproportionnée de la part de Marine Le Pen à cette stricte application de la loi, qui laisse sous-entendre une instrumentalisation pour Marie-Anne Soubré d'autant que la présidente du RN est avocate de formation.

"Marine Le Pen est une consœur. Elle est avocate de métier, elle est avocate de formation. On ne fait pas plus avocate qu’elle. Je veux dire qu’elle n’a pas eu de passerelle, elle a fait de vraies études de Droit donc elle ne peut l’ignorer. Donc on est dans une instrumentalisation (…) Elle instrumentalise alors que c’est la loi qui le prévoit".
Les Grandes Gueules (avec C.P.)