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Migrants et violences policières: Yann Moix et le préfet de Calais règlent leurs comptes

Yann Moix a dénoncé, à deux reprises, des actes de violences policières contre des migrants à Calais. Des accusations qui ont donné lieu à un règlement de comptes par médias interposés entre l’écrivain et le préfet.

Yann Moix, écrivain et chroniqueur dans l’émission, On n’est pas couché, a récemment dénoncé des actes de violences policières vis-à-vis des migrants de Calais accusant à la fois, le gouvernement et le préfet. Tout d’abord sur le plateau de France 2 puis, dans une violente tribune publiée par Libération, le 21 janvier dernier.

"J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé", écrit Yann Moix.

Dans cette lettre, il dénonce donc vidéo à l’appui, des "actions souillant la dignité de l'homme" par les forces de l’ordre ancrant ces pratiques dans un "protocole de bavure", commandité par le gouvernement. Yann Moix affirme que des agents, "frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement".

"Il y a à l'évidence deux Yann Moix"

Fait assez rare, Fabien Sudry, le préfet du Nord-Pas-de-Calais, a décidé de répondre et de démentir les propos de Yann Moix en diffusant une lettre à son intention. Un démenti formel, accompagné d’images dans lequel il affirme "qu’aucun agent détenteur de la force publique ne reçoit, ni a reçu, d’instructions contraires à la déontologie".

Le centre hospitalier de Calais a par ailleurs confirmé au journal 20minutes les propos du préfet en affirmant "qu’aucun certificat médical pour agression d’un migrant par les forces de l’ordre n’a été délivré depuis 2016".

"Il y a à l'évidence deux Yann Moix", écrit le préfet Fabien Sudry dans la lettre publiée sur Twitter. "Le premier, à qui j'ai parlé au téléphone, m'expliquait en s'excusant qu'il avait été 'outrancier' sur le plateau d'On n'est pas couché (...) et mentionnait que 'quelques pourcentages seulement' des images qu'il avait filmées montraient ce qu'il appelait des 'violences policières'".

Fabien Sudry s’est aussi étonné, au vue de la gravité des accusations, que Yann Moix n’ait toujours pas souhaité saisir la justice affirmant que son "combat" serait la "recherche de la célébrité" en "falsifiant gravement la réalité".

"On est face à un problème qui est sans doute insoluble"

Qui a tort? Qui a raison? Le chroniqueur de France 2 a récemment lancé un appel à témoin pour l’envoi de photos ou vidéos susceptibles d’affirmer ses propos et prouver les actes de violences policières sur des migrants qu'il dénonce. Pour Charles Consigny, qui a réagi ce vendredi 26 janvier dans les Grandes Gueules, le problème est plus large que ça.

"On est face à un problème qui est sans doute insoluble. On ne sait pas quoi faire avec ça parce qu’on n’a pas envie de créer un appel d’air en accueillant ces gens dignement mais, en ne voulant pas créer d’appel d’air et à Calais, en ne voulant pas qu’une jungle se reconstitue, puisque c’est ça l’objectif qui est poursuivi, ça nous amène à traiter les gens de manière indigne".
Les Grandes Gueules