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Municipales: "L’éclatement massif des partis politiques dans les grandes villes empêche de faire des prévisions", affirme Sébastien Chenu

Le Rassemblement national veut faire des municipales un tremplin pour la prochaine présidentielle. Mais le parti se montre prudent et ne veut pas donner d'objectif chiffré avant le scrutin.

Marine Le Pen a lancé dimanche son parti dans la bataille des municipales pour consolider son ancrage local. Le RN entend en mars "poursuivre la reconquête" entamée aux Européennes, dont il est sorti victorieux, en ouvrant ses listes à des candidats extérieurs au parti mais en s'appuyant d'abord sur ses bastions.

"Le combat municipal n'est pas une corvée" mais "une séquence territoriale qui va durer un an" avec les départementales et les régionales en 2021, et qui doit "conduire le peuple au pouvoir", a martelé la probable candidate à la présidentielle en 2022.

Et ce lancement de campagne qui intervient assez tôt n’est pas anodin. En effet, le RN veut changer alors qu’il a souvent été un parti en retrait pour les municipales.

"Pendant longtemps, on a eu un déficit d’implantation locale. On sait très bien que pour changer les choses, il faut commencer par la base. On n'a pas fait d’objectif chiffré et je crois que personne ne peut, dans les partis politiques, avoir d’objectif chiffré pour une simple et bonne raison. L’éclatement massif des partis politiques dans les grandes villes empêche de savoir qui ira au second tour, de qui s’alliera à qui, donc c’est très difficile de faire des prévisions. On le voit dans les grandes villes, par exemple à Paris il y a deux candidats marcheurs... Nous nous partons pour faire élire un maximum de maire", explique Sébastien Chenu, porte-parole du RN.

Des candidats sans-étiquette

Nouveauté par rapport à 2014, le RN a ouvert ses listes à des candidats extérieurs au parti. Dont certains occupent la première place, comme à Carpentras dans le Vaucluse avec le général à la retraite Bertrand de la Chesnais. Des candidats RN se présenteront aussi sans étiquette, comme Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine Le Pen, à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, la plus grande ville briguée par le parti. 

"Une étiquette politique ça sert à identifier un candidat, de marquer son appartenance à un parti politique. Ça sert aussi parfois à donner un peu de notoriété à quelqu’un qui n’en a pas et dont on sait qu’il représentera le courant de pensée auquel on peut souscrire. Louis Aliot il n’a pas besoin de cette étiquette, on sait très bien qu’il est du RN, historiquement", affirme Sébastien Chenu.
Guillaume Descours