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Nadine Morano dans les GG: "Le FN ne m'intéresse pas. Je veux une politique de droite qui s'assume"

Invitée ce lundi des Grandes Gueules sur RMC, l'eurodéputée Les Républicains Nadine Morano s'est félicitée du "succès" de son parti aux régionales, tout en prévenant : il faudra écouter la colère des électeurs.

Au lendemain du second tour des élections régionales, et malgré la conquête de sept régions sur treize, le parti Les Républicains a entamé ce lundi lors de son bureau politique un remaniement de sa direction. Et visiblement, Nicolas Sarkozy, président du parti, souhaite faire place nette. Exit, donc, la numéro 2, Nathalie Kosciusko-Morizet, qu'il a pourtant choisie, qui a dans la foulée dénoncé une "purge stalinienne".

Invitée un peu plus tôt des Grandes Gueules sur RMC, Nadine Morano, présente au bureau politique, n'avait pourtant pas décrit d'ambiance particulièrement lourde. "Chacun prenait la parole, donnait sa vision, voilà, ça n'a pas été chaud… Bon, il y a toujours des différences entre le numéro 1 et la numéro 2 (NKM)", avait-elle juste souligné.

NKM, paie donc son opposition à la stratégie du ni-ni et à la droitisation du parti, souhaitée par Nicolas Sarkozy… et Nadine Morano, qui refuse toutefois toute idée de ressemblance avec les idées du Front National. "Le FN ne m'intéresse pas. Je veux une politique de droite qui s'assume. Je suis contre la sortie de l'euro et je suis pour l'Europe", contrairement au FN.

"Je peux incarner cette nouvelle voix que les Français attendent"

Si elle s'est félicitée du "succès" des Républicains aux régionales, Nadine Morano prévient : "Il ne faut pas négliger le vote du premier tour et le nombre de gens qui ont voté FN au second tour. Le FN reste très haut, et si on n'entend pas ce message de colère des Français, un jour ça finira mal". L'eurodéputée ne considère d'ailleurs pas que Nicolas Sarkozy soit la meilleure arme du parti pour reconquérir l’Élysée en 2017. "Sur le terrain, je n'entends pas un désir absolu du match retour Hollande – Sarkozy. Aujourd'hui, les Français attendent une nouvelle voix. Ce que je peux incarner aussi".

"La victoire de Philippe Richert est une victoire sans gloire"

Elle estime d'ailleurs que son éviction de la tête de liste en Meurthe-et-Moselle aux régionales a joué en défaveur de son parti, même si Philippe Richert a fini par l'emporter au second tour. "Le premier tour dans ma région et dans mon département a été calamiteux. Un contre-effet Morano ? Évidemment ! La victoire de Philippe Richert est une victoire sans gloire. Il s'en sort parce que la gauche est mobilisée pour aller voter pour lui".

Nadine Morano qui ne va pas demander de droits d'auteurs à Claude Bartolone, le candidat socialiste en Ile-de-France qui a repris ses propos sur la "race blanche" à propos de sa rivale Valérie Pécresse. "Claude Bartolone a stigmatisé une population : Neuilly, Versailles… Alors que moi je n'ai stigmatisé personne, et je faisais référence au Général de Gaulle". Il a une nouvelle fois regretté que Nicolas Sarkozy l'exclut "sans avoir regardé l'émission" ("Tout le monde en parle", au cours de laquelle elle a tenu ses propos sur la race blanche, NDR), tout en assurant avoir reçu beaucoup de soutiens. "Vous savez, il y a Paris et le reste, et il faut arrêter d'assimiler le reste à Paris".