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On a perdu tant d'années pour traiter cette question de l’islamisme à l’école

Auteur dès 2004 d'un rapport avertissant des dangers de l'islamisme à l'école, l'ex-inspecteur général de l'Education nationale Jean-Pierre Obin regrette le temps perdu pour lutter contre ce phénomène.

"Comment on a laissé l'islamisme pénétrer l'école". Le titre du livre de Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l'Education nationale, publié en septembre, résonne tristement avec l'actualité du pays cette semaine. Un professeur a été décapité à Conflans-Sainte-Honorine dans le Val-d'Oise vendredi. L'assaillant, tué par les forces de l'ordre, lui aurait reproché d'avoir montré des caricatures de Charlie Hebdo durant un cours sur la liberté d'expression.

Invité des Grandes Gueules ce lundi, Jean-Pierre Obin assure avoir réagi "comme tout le monde": "La stupéfaction, l’horreur, la tristesse". Mais il ne se dit pas vraiment surpris. "L’étonnement non, mais la colère oui, car on a perdu tant d’années pour traiter cette question de l’islamisme à l’école".

Il avait livré dès 2004 des premiers rapports inquiétants concernant l'islamisme à l'école. Depuis plusieurs années, Jean-Pierre Obin alerte sur la dégradation de cette situation et de l’absence de frontières entre la religion et l’éducation. "Entre 2004 et aujourd’hui, les choses se sont mêmes aggravées et étendues", regrettait-t-il en septembre dernier au micro d’RMC.

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"Ce n'était pas un vrai sujet à l'époque"

On peut donc se demander pourquoi les rapports livrés n'ont pas été suivis d'actes à l'époque. Selon lui, ce n'était pas un sujet d'actualité et l'intention des gouvernants de l'époque n'était pas assez forte.

"Fillon l’a enterré car il avait d’autres chats à fouetter, en particulier il avait peur de la première rentrée scolaire “sans voile” et il y a eu l’épisode des otages de Bagdad. Très rapidement le prétexte c’était: on fait une loi de programmation et on ne communique pas sur autre chose. Ce n’était pas un vrai sujet à l’époque."

Jean-Pierre Obin note du mieux sur le sujet de la laïcité depuis l'arrivée aux affaires de Jean-Michel Blanquer. Néanmoins, rien de suffisant pour faire face au fondamentalisme installé hors des murs de l'école.

"Je pense que depuis que Jean-Michel Blanquer est arrivé aux affaires il y a un discours officiel, je ne dis pas qu’il est entendu, suivi et compris, un discours très ferme et on ne fait plus semblant de ne pas voir. On soutient les enseignants dans chaque académie."

>>> EN VIDEO - Regardez le replay du Grand Oral de Jean-Pierre Obin du 7 septembre

J.A.