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"On est en train de former des générations de névrosés", analyse le médecin urgentiste Patrick Pelloux

Pour le médecin urgentiste, les études de médecine sont "sacrificielles" pour les étudiants qu'ils jugent parfois proches du burn-out.

Manque de moyens, manque de médecins, la santé française est en crise depuis déjà plusieurs mois notamment dans les services d’urgence d’hôpitaux où le personnel est souvent en grève. Mais pour certains, cette crise dans le milieu de la Santé commence bien plus tôt. Dès les études de médecine en fait. 

En effet, elles sont souvent décrites comme très dures et exigeantes en termes de travail pour les étudiants.

"Ce sont des gens en formation qui ont une culture vaste et il faut leur rendre hommage parce que selon moi, ils ont vraiment des études sacrificielles. C’est un sacrifice moral. J’ai des amis qui viennent de passer l’examen, ils sont en burn-out. Ils ont des cernes jusque-là, ils ne savent plus où ils habitent, ils ne savent plus qui ils sont, ils ne savent plus aller au cinéma, ils ne savent plus ce qu’est un théâtre, c’est terrible. On se dit qu’on est en train de former des générations de névrosés quelque part", explique Patrick Pelloux, médecin urgentiste. 

Pas de chômage

Cependant, s’il concède donc la dureté des études, ils opposent un argument à ceux qui affirment que les étudiants sont très mal payés les premières années, notamment pendant les stages où ils sont susceptibles de faire des gardes. 

"En contrepartie du fait qu’ils ne sont pas beaucoup payés, ils ne payent pas leurs études tels qu’ils devraient les payer comme aux États-Unis où c’est 1,5 millions de dollars. On ne leur demande pas ça en France donc quelque part l’État aide à former ces étudiants", précise le médecin.

Surtout, il rappelle que les futurs médecins ont un avantage que peu de travailleurs peuvent se targuer d’avoir: l’assurance de ne jamais connaître le chômage. "C’est inespéré dans notre société et en plus de ça, ils pourront évoluer", précise Patrick Pelloux. 

Guillaume Descours