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Retour des jihadistes français: le "plan secret" du gouvernement... qui a été abandonné

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Selon Libération, la France avait tout prévu pour faire revenir sur le sol français près de 250 personnes retenues en Syrie. Un plan qui a été abandonné depuis, sans que les raisons ne soient pas connues.

Le gouvernement a changé ses plans. Selon une information publiée ce vendredi par Libération, le gouvernement avait tout prévu pour rapatrier en France 250 hommes, femmes et enfants jihadistes. Pourtant, ces rapatriements n’ont finalement pas eu lieu. 

Selon Willy Le Devin, chef adjoint du service police-justice de Libération, les rapatriements étaient prévus jusqu’à mi-février. Après cette date, les services de renseignements ont cessé de renseigner le numéro de vol des avions qui devaient ramener ces personnes. Il était l'invité des Grandes Gueules de RMC.

"On pense qu’en réalité, à partir du 14 février, il se passe quelque chose puisque les services de renseignements cessent d’affecter un numéro de vol aux noms qui figurent sur le listing", explique-t-il. 

Alors pourquoi ce revirement soudain? Pour Willy Le Devin, le retrait américain de cette opération, qu’ils devaient mener conjointement avec la France, a joué. 

"Des lignes de fractures au sein du gouvernement"

Il explique aussi qu’Emmanuel Macron n’a jamais vraiment eu de position arrêté sur la question du retour

"Ce que l’on sait, c’est qu’il y a des lignes de fractures au gouvernement où les ministères régaliens, qui sont plutôt en prise avec le sécuritaire ou le judiciaire, sont assez favorables à ce retour. Il y a d’autres personnes au gouvernement qui sont dubitatives du fait de l’impopularité de la mesure dans l’opinion publique", explique-t-il au micro des GG.

Une position que beaucoup partagent estimant dangereux de les laisser là-bas sachant qu’ils peuvent être remis en liberté et remonter des cellules. Et c'est un argument "fort" selon l’avocat Gilles-William Goldnadel. Cependant, selon lui, la France n’est pas prête d’un point de vue judiciaire et carcéral.

"Je n’ai aucune confiance dans le système judiciaire actuel français. Dans cette situation-là, il me semble indispensable d’organiser un tribunal international au Kurdistan syrien. Sur le papier, c’est moralement et juridiquement légitime", explique-t-il. 
Guillaume Descours