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"S'il avait tout fermé pendant les fêtes, on aurait crié à la dictature": débat houleux sur les annonces de Macron

Le président de la République a annoncé la fin du confinement pour le 15 décembre, remplacé par un couvre-feu de 21h à 7h. Un couvre-feu qui devrait être suspendu pour le réveillon de Noël et celui de la Saint-Sylvestre.

Voit-on enfin le bout du tunnel? Mardi le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la réouverture des commerces le 28 novembre et un déconfinement le 15 décembre. A cette date-là, un couvre-feu devrait prendre le relais, interdisant les déplacements entre 21h et 7h du matin sauf le soir du 24 décembre, à l'occasion du réveillon de Noël et le 31 décembre, la nuit de la Saint-Sylvestre.

Une décision qui inquiète et fait craindre une hausse des contaminations alors que le président de la République a déjà évoqué dans son discours le spectre d'une troisième vague. "Pourquoi a-t-on des dérogations pour le 24 et le 31 ? s’il y a bien un moment où il faudrait des restrictions ce serait ces jours-là", s’interroge Jennifer une auditrice des "Grandes Gueules".

Des Français qui demanderaient plus de restrictions, c'est un comble pour David Dickens: "On peut épiloguer 107 ans sur la forme, on est d’accord que personne ne veut d’un reconfinement. Il se trouve seulement que les moyens pour ne pas y arriver divergent. On n’est pas d’accord sur les moyens. Il y a donc un président qui prend des décisions. Si demain Macron dit 'le 24 et le 31 on ferme tout', vous allez crier à la dictature comme vous le faites depuis des mois. Il n’y a pas de bonne solutions, on navigue à vue!"

"Vous avez pleuré pour vos libertés individuelles parce qu’on vous a obligé à porter un masque"

De quoi lancer un débat animé dans la cacophonie générale:

"On confine uniquement parce qu’on a un problème avec les structures hospitalières. Si on avait de la place de la place dans les structures hospitalières pour prendre en charge ceux qui ont des formes graves, il n’y aurait pas eu de confinement", relèves dans un premier temps Barbara Lefebvre. "La stratégie du gouvernement tester, tracer, isoler, elle n’est pas effective alors que l’épidémie a démarré il y a dix mois", ajoute l'enseignante.

Car la stratégie gouvernementale, ne convainc toujours pas et la comparaison avec d'autres pays est tentante: "En Allemagne il n'y a pas eu de problèmes, en Corées du Sud il n'y a pas eu de problème", a lancé Olivier Truchot faisant sortir de ses gonds David Dickens:

 "Tu veux vivre comme en Corée du Sud? Tu veux que je t’explique comment ils ont fait en Corée du Sud? Tu veux que je t’explique les barrières électroniques avec les téléphones portables. Tu l’aurais accepté ça ici ? Vous avez pleuré pour vos libertés individuelles parce qu’on vous a obligé à porter un masque. Quand on chiale pour porter un masque ne me faites pas croire que vous êtes prêts à appliquer les mesures en place en Corée du Sud", a-t-il lancé passablement énervé.

Le modèle allemand plus logique?

Touché. Barbara Lefebvre effectivement ne veut pas voir ses libertés individuelles réduites alors qu’en Allemagne le nombre de personnes autorisées lors d’un même dîner à Noel et au nouvel an est de 10. Mais ces décisions par région on une logique, renchérit Barbara Lefebvre citant cet exemples de décisions régionales à l’échelle des Lander et non à l’échelle nationale: "Quand il y a un problème à Berlin on gère Berlin, on ne ferme pas toute l'Allemagne", a-t-elle lancé. 

"Même s'ils ont des meilleurs résultats que nous, ils prennent aussi des décisions. Hier Macron aurait annoncé pas plus de 10 à la maison comme en Allemagne, cela aurait été un tollé", croit savoir Alain Marschall. "Tu préfères qu’une région te le dise mais pas un gouvernement central", conclut-il.
G.D.