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"Vous avez craché à la figure des Français en retournant en Espagne": le tacle très appuyé des "GG" à Manuel Valls

Ambiance tendue sur le plateau des "Grandes Gueules" où Marie-Anne Soubré a reproché à Manuel Valls ses allers-retours entre les scènes politiques française et espagnole.

C'est comme changer d'équipe de foot préférée. Sur le plateau des "Grandes Gueules", l'avocate Marie-Anne Soubré s'en est prise à Manuel Valls, l'ancien Premier ministre, candidat malheureux aux primaires du PS pour l'élection présidentielle de 2017, de retour en France après un nouvel échec cette fois à l'élection municipale de Barcelone de l'autre côté des Pyrénées.

Pour comprendre les raisons de la colère de la sociétaire des "Grandes Gueules", il faut faire un bond temporel. En 2017, Manuel Valls qui n'est plus Premier ministre, se présente à la primaire du Parti socialiste pour l'élection présidentielle. Mais rien ne se passe comme prévu et l'ancien maire d'Evry est battu par Benoît Hamon. Contre toute attente, il refuse de soutenir le vainqueur et appelle même à soutenir Emmanuel Macron dès le premier tour. Une véritable trahison pour de nombreux cadres du Parti socialiste, qu'il finit par quitter alors qu'une procédure d'exclusion est en cours. Réélu à l’Assemblée nationale en 2017, il démissionne de ses fonctions pour tenter l’aventure aux municipales à Barcelone qui se soldera par un échec.

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"Ça m’a profondément choqué comme retournement de veste"

De quoi laisser des rancœurs : "Je fais partie de la France fâchée contre vous. J’ai voté pour vous aux primaires socialistes, je ne m’en suis jamais caché, je faisais partie de ceux et puis tout d’un coup, l’Espagnol devenu Français nous dit, 'Je suis Espagnol'", lui a lancé ce mercredi sur RMC Marie-Anne Soubré.

"Que quelqu’un qui a les plus grandes responsabilités en France vienne nous cracher à la figure à nous les Français en nous disant ‘Je retourne en Espagne, je ne suis qu’un petit Espagnol et je me présente à la mairie de Barcelone’, ça m’a profondément choqué comme retournement de veste", a ajouté l'avocate très remontée.

"Vous vous présentiez comme cet homme à qui la France a tout donné et tout d’un coup la France vous ne l’aimiez plus. Je n’ai pas aimé alors que vous donniez des leçons à tous les enfants issus de l’immigration en leur disant d’aimer la France", a conclu Marie-Anne Soubré.

"J'aurai dû me taire"

"Moi j’étais cassé à ce moment-là !", s’est défendu l’ancien Premier ministre. "Acceptez le recul que j’ai pris. Il est évident qu’au lendemain de la primaire, je n’ai pas mesuré suffisamment le pacte de la primaire. J’aurai dû me taire", a ajouté Manuel Valls. "Et là, j’étais la figure du traître, j’ai pris tous les coups, même si parfois je les ai cherchés".

"Après cette période, en ayant retrouvé la maîtrise de mon destin, j’ai dit mon amour de la France, j’en ai pleuré mais il y avait quelque chose qui faisait que je devais partir. Parce que j’ai vu mon pays souffrir, je me suis dit que j’étais Français jusqu’au bout des doigts. Prenez-moi comme je suis, pas comme un bloc", a plaidé l’ancien chef du gouvernement.

Après l'échec à Barcelone, voilà donc Manuel Valls, en délicatesse avec ses comptes de campagne de l'autre côté des Pyrénées, de retour en France. Mais plus question cette fois de se mouiller sur la scène politique: "Je veux jouer un rôle dans la campagne présidentielle de 2022", assure-t-il sans pour autant se présenter.

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La rédaction de RMC