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Manuel Valls sur l'allocution d'Emmanuel Macron: "Il y a en France une attente de la parole présidentielle qui crée une forme d’hystérie"

L'ancien Premier ministre a assuré sur RMC que la parole du président de la République, Emmanuel Macron, était encore audible et qu'elle est même très attendue par les Français.

Il explique voir la situation sanitaire avec un peu de distance. L’ancien Premier ministre, Manuel Valls, était l’invité des Grandes Gueules ce mercredi matin dans les Grandes Gueules. 

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Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, doit s’exprimer lors d’une allocution télévisée ce mercredi soir, Manuel Valls estime qu’en France, il y a une attente immense autour de la parole politique.

“Emmanuel Macron est encore audible pour la simple raison que c’est lui qui prend les décisions. Les gens vont l’écouter pour des raisons concrètes, pratiques. Je pense, puisque c’est la rumeur, que les parents, les enseignants, veulent savoir à quelle sauce ils vont être mangés. 
Moi je vis entre deux pays, l’Espagne et la France, et la première remarque que je fais c’est que les situations entre les deux pays sont à peu près les mêmes depuis des mois avec le même nombre de morts, le même nombre de drames, une économie en très grande difficulté, c’est qu’ici en France il y a une espèce d’attente, tous les jours à propos de la parole gouvernementale, de la parole présidentielle et ça crée une forme d’hystérie que je ne remarque pas en Espagne, dans un pays où c’est plus décentralisé”, indique-t-il.

Une attente "angoissante"

Il estime que cette attente dure depuis le début de la crise où il y a eu des prises de parole très forte du président de la République qui avait notamment déclaré que nous étions en guerre. Mais selon Manuel Valls, cette attente est extrêmement angoissante.

Il estime que de toute façon, c’est la vaccination qui permettra de sortir de la crise et que jusqu’à ce que les Français soient vaccinés, ce n’est que du “stop and go”. Pour lui, c’est le virus qui est le maître du temps et qui impose la stratégie.

“La semaine prochaine, si on ferme les écoles, le débat va être, l’effet de la fermeture des écoles sur les familles qui ne peuvent pas gérer la présence des enfants à la maison, qui ont des appartements trop petits, qui ne peuvent pas gérer le télétravail. Il n’y a pas de stratégie possible, on est dans un pilotage à vie quoi qu’on dise”, estime-t-il. 
Guillaume Descours