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8-Mai: fête-t-on l’anniversaire de l’armistice de la Seconde Guerre mondiale à la bonne date?

Pour l'historien Dominique Lormier, l'Allemagne a capitulé le 7 mai 1945 et non le 8. L'Armistice avait initialement été signée à Reims, mais l'Union Soviétique avait réclamé qu'elle le soit à Berlin, lieu de la défaite des Allemands.

Fête-t-on l’anniversaire de l’armistice de la Seconde Guerre mondiale à la mauvaise date? C’est ce qu’affirme Dominique Lormier, historien et écrivain qui publie Les vérités cachées de la Seconde Guerre mondiale

Pour lui, l’anniversaire de l’armistice devrait être célébré le 7 mai, jour de la capitulation de l’Allemagne Nazie.

"La capitulation de l’Allemagne a été signée à Reims, ce qui a provoqué un véritable esclandre dans l’Union Soviétique. Et cela peut se comprendre. Sur les 5.500.000 soldats allemands morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous en avez quand même 4 millions qui sont morts contre l’armée soviétique et le reste contre les alliés occidentaux. Donc on peut comprendre la colère de Staline à ce moment-là", explique l’historien.

Mais alors pourquoi l’Armistice est officiellement noté le 8 mai dans les calendriers? L’historien explique que c’est parce qu’une nouvelle signature a eu lieu le lendemain en Allemagne. "Suite aux protestations de l’Union soviétique, il était normal que ce soit signé à l’endroit de la défaite Allemande donc à Berlin", précise-t-il. 

Racontée sous un prisme américain

Selon l’historien, la Seconde Guerre mondiale a longtemps été racontée par du côté anglo-saxon, de manière un peu réductrice.

"Ils ramènent tout à eux en oubliant les faits d’armes de la France et de l’Union soviétique, mais aussi d’autres alliés. En effet, cette guerre a été une guerre globale avec l’effort de tous les alliés", indique Dominique Lormier. 

Il estime d’ailleurs qu’alors que les États-Unis ont souvent raconté et scénarisé la Seconde Guerre mondiale notamment à travers des productions hollywoodiennes, la France ne l’a pas vraiment fait. Selon lui, c’est notamment parce qu’il y a dans l’hexagone, "une fascination pour tout ce qui vient de l’autre côté de l’Atlantique". 

Guillaume Descours