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Remboursement de la PMA: "Peut-être que ça favorise l'idée du droit à l'enfant", estime le professeur René Frydman

Le médecin estime qu'il y a une différence radical entre le désir d'enfants et le droit à l'enfant. En effet, il estime que malgré l'élargissement de la PMA à toutes les femmes, certains couples ne pourront pas avoir l'enfant qu'ils veulent en raison de limites biologiques ou morales.

Le projet de loi bioéthique devrait être examiné fin septembre. Dans celui-ci, il y aura notamment l’élargissement de la PMA pour toutes les femmes, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a également précisé qu’elle souhaitait que la PMA soit remboursée. 

Pour le professeur René Frydman, gynécologue et obstétricien, la PMA ne doit cependant pas être un acte médical "commun". Il estime qu’il faut avoir un vrai cheminement avec les patients pour comprendre pourquoi ils ne peuvent pas avoir d’enfants. Il explique notamment que ça peut venir de différents facteurs tels que l’alcool, le stress, le tabac...

"Parfois bien sûr, il faut aller jusqu’à la PMA. Mais il faut éviter d’être des robots et d’appuyer sur un bouton en disant ‘vous voulez un enfant, vous avez cette ordonnance-là’", explique le médecin. 

Des limites biologiques

"Un enfant ça ne se consomme pas. On pourrait croire aujourd’hui qu’on a un droit à l’enfant et que toutes les méthodes qui sont là sont un peu : j’ai envie donc j’ai le droit. Donc il faut un revenir dans la compréhension de l’évolution de la société", affirme-t-il. 

Il estime donc que peut être, la volonté d’Agnès Buzyn d’un remboursement de la PMA, renforce cette notion du droit à l’enfant. "On a 50% des couples qui n’auront pas l’enfant qu’ils souhaitent. Autrement dit on ne peut pas répondre à tous les désirs d’enfants. On peut le prendre en compte, on peut le comprendre, on peut tout à fait être compassionnel, mais il y a des limites biologiques, sociales. On ne peut pas prendre la vie de quelqu’un pour la donner à un autre, il y a des règles qui montrent des limités", précise le professeur René Frydman.

Guillaume Descours