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Les regrets d'une recruteuse devant le peu de candidats: "Quand on est au chômage, on prend ce qu'il y a"

Des recruteurs du secteur des services à domicile ont fait part ce lundi dans Radio Brunet de leur difficulté à embaucher, alors même que le secteur est celui qui aura les plus gros besoins de main d'œuvre dans les années à venir.

C'est LE secteur qui créera le plus d'emplois dans les années à venir. Le secteur des services à la personne va, d'ici 2022, créer en France 387.000 postes d'agents d'entretien et 322.000 d'aides à domicile, selon France Stratégie… Conséquence du vieillissement de la population, et du boom des naissances. Ces emplois sont non délocalisables, ouverts à tous, avec ou sans diplôme. Et pourtant, ils peinent à recruter.

"Notre frein principal, c'est le recrutement, être capable de trouver les bonnes personnes, explique ce lundi dans Radio Brunet Guillaume Richard, fondateur et PD-G du Groupe O2, spécialiste dans les services à la personne. On a beaucoup de candidats, mais vous-mêmes, vous n'allez pas confier vos parents âgés, vos enfants ou les clés de votre domicile à n'importe qui. Ça nécessite de trouver des gens fiables, sérieux… Nous devons légalement avoir des personnes diplômées ou avec une grande expérience. Nous avons pleins de clients, mais nous avons du mal à trouver les compétences humaines".

"Quand on est au chômage, on prend ce qu'il y a"

Une réalité vécue au plus près par Elodie, qui travaille comme assistante ménagère et qui aujourd'hui, recrute pour le compte de son entreprise dans laquelle elle a évolué. "C'est une galère pas possible de trouver des filles compétentes et qui ont envie de travailler aussi", explique-t-elle. "Je suis toujours en poste à faire des ménages chez les clients, ça me plaît, c'était vraiment une envie. Je suis à temps plein, payée 1.300 euros nets. J'ai une commission sur les filles que je recrute, selon leur nombre d'heures et leur qualification, c'est pourquoi j'ai vraiment besoin de trouver quelqu'un de bien. Mais je galère. Quand on en trouve une qui a l'air bien lors de l'entretien et après quelques tests de repassage, au bout de deux semaines les clients ne sont pas contents. Ils rappellent pour dire que c'est du grand n'importe quoi, qu'elle arrive au retard."

Et quand on lui rétorque que ces métiers sont plutôt mal payés, avec des salaires qui ne dépassent pas souvent le Smic horaire, à temps partiels, Elodie répond: "Quand on est au chômage on prend ce qu'il y a, on ne reste pas au chômage."

P. G. avec Eric Brunet