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"Merci les Français": le grand gaspillage des routes solaires

Enthousiasmé par le projet, le précédent gouvernement avait misé sur les routes solaires. Deux ans après, les résultats sont bien loin l'effet escompté.

C'est un chantier débuté fin 2016 qui doit révolutionner les transports : un revêtement routier composé de capteurs photovoltaïques est installé à Tourouvre dans le Perche. Cette chaussée fournit de l’électricité tout en permettant la circulation de tout type de véhicule. Selon la société française Colas, à l’origine du concept, 20m2 de dalles suffiraient à alimenter un foyer.

Une manière écologique de produire de l'énergie qui a plu au gouvernement de l'époque. Ségolène Royal annonçait alors un objectif de 1000 km de route solaire pour 2020. Sauf que les expériences menées par l'entreprise se sont révélées extrêmement coûteuses, sans avoir l'effet escompté, révèle Reporterre.

Manque de soleil

L''hélioroute' normande, inaugurée par Ségolène Royal le 22 décembre 2016, a produit deux fois moins d'électricité que prévu, alors qu'elle a coûté près de 5 millions d'euros au département. Celle de Boulogne, près de Paris, s'est retrouvée victime du "manque de soleil", révélait Le Parisien en juillet dernier. L''hélioroute' prévue sur la rocade marseillaise a été abandonnée tout comme une autre qui devait être installée sur une route régionale bretonne.

Enfin, celle de Bellevigny en Vendée, s'est retrouvée inutilisable après 18 mois de bons et loyaux services. Remplacée en mai 2018, elle montre déjà des signes de vétusté.

"Peu de performance du système, coût exorbitant"

"Et oui, malgré l’aberration de la réalisation (des voitures passent dessus, salissent), le peu de performance du système (3 fois moins que des panneaux sur un toit) et le coût exorbitant (10 fois plus cher que des panneaux sur un toit), de l’argent public (le vôtre, le mien) a été gaspillé", écrivait un internaute voisin d'une 'hélioroute' en Occitanie, inaugurée en mai 2018.

Selon les experts, les camions, piétons, voitures, vélos et motos utilisant une hélioroute font davantage d'ombre que prévu, sans parler des salissures qui font obstacle au passage de la lumière. Malgré ces échecs, l’entreprise Colas a installé ce revêtement solaire au cœur même d’un collège à Amiens. Le coût ? 122.000 euros TTC, entièrement assuré par de l'argent public.

Radio Brunet (avec G.D.)