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Nordine, agent de sécurité: "J'ai 1.490 euros bruts pour travailler nuit et jour et les week-ends"

Pour cet auditeur de RMC, les demandes des entreprises vont souvent à l'encontre du travail des agents.

Épinglées par la cour des comptes, les entreprises de sécurité privées veulent redorer leur blason. Claude Tarlet, président de l'Union des entreprises de société privées (USP), a assuré au micro de Radio Brunet sur RMC, que "la gendarmerie la police et les militaires étaient essoufflées", assurant que "la sécurité privée, bien encadrée, bien contrôlée, peut apporter sur le terrain un appui considérable".

Nordine, un auditeur de Grande-Synthe, dans le Nord, agent de sécurité depuis plus de 20 ans dans le Nord, a, lui, dénoncé ses conditions de travail: "J'ai 1.490 euros bruts pour travailler nuit et jour et les week-ends. Le simple salarié qui rentre dans mon entreprise, qui remplit juste des bouteilles dans un carton, touche 2.000 euros dès qu'il entre. Moi j'assure quoi? La sécurité des gens pourtant".

"L'Etat français, premier acheteur, n'est pas du tout exemplaire"

Nordine a également dénoncé les demandes des clients des entreprises de sécurité, devant lesquelles les agents de sécurité devaient s'exécuter.

"Parfois l’agent doit se taire, en raison des demandes du client. Si l’affirmation de l’agent n’est pas suffisante et n'est même pas reconnue, alors n’allons pas loin dans des allures carnavalesques sur le terrain du public, là où je pense que la police a toute sa place", a-t-il assuré sur RMC.

"On veut mettre les agents sur le même terrain que la police très bien, mais quand on te donne 30 heures de formation et que l'état délègue cette formation aux entreprises de sécurité, mais qu'est ce que vous voulez faire avec 30 heures ?", s'est emporté Nordine. "L'Etat français, premier acheteur n'est pas du tout exemplaire", lui a répondu Claude Tarlet: "Il facilite des marchés à moins de 15 euros HT de l'heure, qui ne permette pas de dégager des salaires de qualité, ni de former. L'Etat français est le plus mauvais élève qui existe aujourd'hui", a-t-il assuré.

Eric Brunet (avec G.D.)