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"On est des parents en détresse": l'impuissance de Stéphanie, mère d'un enfant délinquant dans Radio Brunet

Ce vendredi 14 juin, Eric Brunet est revenu sur l’instauration d’un couvre-feu pour des mineurs par un maire du Pas-de-Calais. Seule solution face à la montée de la délinquance dans sa ville. Tout en saluant cette prise de décision, une auditrice a livré un témoignage poignant.

Un couvre-feu pour les moins de 13 ans: c'est la décision qu'a pris le maire de Mazingarbe, dans le Pas-de-Calais, où des enfants ont essayé de mettre le feu sur les poubelles pendant la nuit.

Face à cette situation, l'élu a imposé un couvre-feu pour les moins de 13 ans, entre 23 heures et 6 heures du matin tout l'été.

"On vous colle l’étiquette de la mauvaise maman alors que ce n’est pas vrai"

Une décision, qui aurait facilité le quotidien de Stéphanie, auditrice de Radio Brunet. "Feu de poubelles, vols, revente de stupéfiants au collège": à cause du comportement de son fils, la vie de Stéphanie dans l’Isère s’est transformée "en enfer".

"Pendant 3 ou 4 ans, on a vécu un enfer. Quand vous êtes parent, que vous voulez vous battre pour votre enfant et que vous voyez qu’il sombre, mais qu’en face il n’y a rien. Une fois, mon mari a pété un plomb parce que mon fils nous a menacé, il lui a mis une petite gifle. On s’est retrouvés convoqués à la gendarmerie parce que mon gamin est allé dire, ‘mon beau-père m’a tapé’ (…) On vous colle l’étiquette de la mauvaise maman alors que ce n’est pas vrai".

"On retrouvait des gamines à 13 ans qui se baladaient dehors et qui fumaient des stupéfiants"

Pourtant, malgré de nombreux signalement de sa part et de la part d’autres parents, aucun n’est parvenu à trouver l’aide dont ils avaient besoin.

"On était 4 mères, on est allées en mairie, on est allées se plaindre parce que les gamins fuguaient la nuit alors qu’on ne les laissait pas sortir. Ils sautaient par les fenêtres et les autres venaient les chercher en bas. Je tournais toute la nuit en voiture jusqu'à 3 ou 4 heures du matin. On retrouvait des gamines à 13 ans qui se baladaient dehors et qui fumaient des stupéfiants. (…) La mairie nous a beaucoup aidé mais ce n’est pas assez encore et quand vous allez taper plus haut il n’y a rien".

"Quand votre gamin arrive en bombant le torse, qu’est-ce que vous voulez faire?"

Depuis, son fils a atteint la majorité et leur quotidien s’est amélioré, explique Stéphanie. Mais à travers son témoignage, ce sont les délais de prise en charge extrêmement longs, que ce soit pour des foyers, des centres de désintoxication ou encore l’intervention d’un éducateur, que la mère de famille dénonce.

"On est des parents en détresse. Quand votre gamin arrive en bombant le torse et en disant ‘qu’est-ce qu’il y a maintenant?’. Qu’est-ce que vous voulez faire? Vous le frappez, vous finissez vous-mêmes en garde-à-vue et quand vous demandez de l’aide, on vous dit que c’est saturé. Un éducateur privé c’est 2.000 euros par mois mais je ne les ai pas. (…) Vous voulez passer par le privé, si vous n’avez pas les moyens vous êtes foutus. Vous voulez passer par tout ce qui est social, c’est saturé".

RMC.fr vous propose de réécouter en intégralité ce témoignage particulièrement émouvant dans Radio Brunet.

Radio Brunet (avec Caroline Petit)