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Affaire Valérie Bacot: cinq ans de prison requis, dont quatre avec sursis, pour le meurtre de son mari violent et proxénète

Valérie Bacot a tué son mari d'une balle dans la nuque après avoir subi près de 24 ans de viols, violences et prostitution contrainte.

Le ministère public a requis vendredi cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, à l'encontre de Valérie Bacot pour l'assassinat de son mari violent et proxénète, ce qui la ferait sortir libre du tribunal considérant l'année qu'elle a déjà effectuée en détention provisoire. 

"Valérie Bacot ne pouvait pas prendre la vie de celui qui la terrorisait" mais il faut "fixer l'interdit sans réincarcérer", a déclaré l'avocat général Eric Jallet devant les assises de Saône-et-Loire, soulignant que ses quatre enfants avaient "besoin" de l'accusée.

Valérie Bacot a tué son mari d'une balle dans la nuque après avoir subi près de 24 ans de viols, violences et prostitution contrainte.

A l'énoncé des réquisitions, la jeune femme a fait un malaise: elle est tombée au sol, en larmes.

"Valérie Bacot, à l'énoncé des réquisitions de l'avocat général, qu'elle n'a pas compris tout de suite, que j'ai dû lui expliquer. (...) Quand elle a compris ce que ça voulait dire, elle a eu un éblouissement, une crise d'angoisse et a un fait un malaise. Depuis elle est couchée, par terre", explique son avocate, Me Nathalie Thomasini. 

"Syndrome de la femme battue"

La partie civile a réclamé jeudi une condamnation "pour l'exemple", mais sans exiger de peine précise, à l'encontre de Valérie Bacot.

Plus tôt dans la journée, des experts se sont succédé à la barre pour expliquer l'impasse dans laquelle se trouvait Valérie Bacot et qui l'a conduite à tuer son mari violeur et violent, le 13 mars 2016. "Aucune échappatoire n'est laissée au sujet aliéné. La seule possibilité est de détruire le sujet aliénant", a déclaré Denis Prieur, expert psychiatre qui a entendu l'accusée après l'assassinat de son mari Daniel Polette, alors âgé de 61 ans. Valérie Bacot, 35 ans à l'époque, encourt la perpétuité.

Décrivant un "syndrome de la femme battue", le médecin a souligné qu'elle était une "marionnette", "soumise à l'emprise totalitaire de ce tyran domestique" qui l'a violée dès l'âge de 12-13 ans, quand il était encore son beau-père. L'emprise n'était pas seulement "dominante" mais "permanente", explique l'expert. "Elle n'avait plus réellement de libre arbitre: elle a peur car son mari était toujours dans sa tête", indique-t-il.

Le verdict est attendu dans la soirée de ce vendredi.