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Alain Finkielkraut sur RMC: "Je ne veux pas qu'ils croupissent en prison, mais je veux une prise de conscience collective"

Copieusement injurié en marge d'une manifestation des "gilets jaunes" à Paris, le philosophe et académicien annonce qu'il ne porterait pas plainte, malgré l'ouverture d'une enquête sur sur les injures antisémites par le parquet de Paris.

Les images ont fait le tour de l'actualité ce week-end. "Rentre chez toi en Israël. Rentre chez toi à Tel Aviv. Barre-toi, sale sioniste, grosse merde, nous sommes le peuple. La France elle est à nous": des propos criés à la figure du philosophe et académicien, Alain Finkielkraut, dans le quartier Montparnasse à Paris samedi après-midi.

Le parquet de Paris a annoncé dimanche avoir ouvert une enquête sur les injures antisémites adressées samedi au philosophe et académicien Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de "gilets jaunes", alors que l'intéressé a dit qu'il ne porterait pas plainte, se disant "ni victime ni héros". 

"Quels sont les identités et les itinéraires de mes insulteurs?"

Même s’il ne portera pas plainte Alain Finkielkraut se dit toutefois prêt à participer à l'enquête. Un moyen d’éveiller les consciences explique le philosophe interrogé par RMC:

"Si on me demande de témoigner, je témoignerai. En tout cas, je ne me constituerai pas partie civile. Je n'ai pas envie de cela, pas envie qu'ils croupissent en prison. J'ai envie d'une prise de conscience collective aujourd'hui du type d'antisémitisme auquel nous sommes confrontés"

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion". Pour l’académicien l’enquête doit permettre de comprendre ce nouvel antisémitisme:

"Je serai évidemment très intéressé de savoir quels sont les identités et les itinéraires de mes insulteurs pour mieux comprendre. Mon problème, mon souci n'est pas de punir, mais de diagnostiquer" affirme-t-il.

Les auteurs de l’agression risquent jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende

Nicolas Ropert avec Xavier Allain