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Attentats à Bruxelles: "Ils sont capables de frapper à tout moment et dans n'importe quel lieu"

Pour l'ancien chef de la division nationale antiterroriste, Roger Marion, interrogé sur RMC, ces explosions "sont des actions coordonnées et simultanées qui viennent en riposte aux opérations conduites, tant en France qu'en Belgique, depuis les attentats du 13 novembre".

La Belgique a été frappée par deux attentats "aveugles, violents et lâches", a déclaré mardi le Premier ministre belge Charles Michel, quelques heures après que des explosions ont touché l'aéroport et le métro de Bruxelles. "Nous redoutions un attentat et c'est arrivé", a dit Charles Michel lors d'une conférence de presse en exhortant la population "au calme et à la solidarité". Les deux attentats ont fait "de nombreux morts, de nombreuses personnes blessées parfois gravement", "un moment de tragédie, moment noir", a précisé le Premier ministre.

"Cela nécessite beaucoup de moyens"

Pour l'ancien chef de la division nationale antiterroriste, Roger Marion, interrogé sur RMC, ces explosions "sont des actions coordonnées et simultanées qui viennent en riposte aux opérations conduites, tant en France qu'en Belgique, depuis les attentats du 13 novembre" à Paris. Cet expert indique aussi que la réalisation de telles opérations "nécessite beaucoup de moyens": "Cela demande une coordination et des moyens au niveau de la détention, de la fabrication et de la mise en œuvre d'explosifs comme du choix des cibles".

"On voit bien que toute une stratégie est développée de façon à semer la terreur au sein même de l'Europe, au travers d'une station de métro située proche des institutions européennes. C'est aussi une réaction aux opérations menées ces derniers temps en Belgique", estime encore Roger Marion sur RMC. Et de rappeler: "La menace est constante. Nous sommes liés, aujourd'hui comme hier, par ces événements et toutes les mesures prises pour tenter de les éviter et le réprimer".

"Ce n'est pas une nouveauté"

L'ancien chef de la division nationale antiterroriste insiste: "Ce n'est pas une nouveauté. Le terrorisme islamique, déjà en 1995, était basé dans toutes les places européennes et il y avait, comme cela a été le cas d'Abdeslam, des 'agents de liaison' qui étaient contrôlés dans diverses régions européennes sur leur véritable, ou une fausse, identité".

Roger Marion fait aussi un rapprochement entre les explosions à Bruxelles et l'attentat du RER B à la station Saint-Michel (Paris): "Mais également l'attentat à la station Maison Blanche (Paris), toujours en 1995, en riposte à l'arrestation de Khaled Kelkal au milieu d'une maison blanche, à Vaugneray (Rhône). On peut donc imaginer que les attentats à Bruxelles sont une riposte à l'arrestation d'Abdeslam. C'est pour montrer la puissance de cette organisation terroriste qui veut démontrer qu'ils sont capables, malgré les mesures prises et les arrestations opérées, de frapper à tout moment et dans n'importe quel lieu".