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Conversation entre collègues, bruits de la photocopieuse,... un Français sur deux dit souffrir du bruit au travail

"CA VOUS CONCERNE" - C’est en ce moment la semaine de la santé auditive au travail. Un sujet qui concerne beaucoup de monde.

Un actif sur deux se plaint du bruit au travail. Ça va de la conversation entre collègues au marteau-piqueur sur un chantier, en passant par le bruit de la photocopieuse. Au final, 49% des travailleurs sont gênés par le bruit, selon une étude de l’association Journée nationale de l’audition.

Dans le détail, hommes et femmes sont à peu près égaux face au bruit. En revanche, les jeunes sont les plus perturbés alors que les 50 ans, et plus, sont un peu moins touchés.

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Les ouvriers sont particulièrement exposés. Plus de six ouvriers sur dix souffrent du bruit au travail.

Ça n'épargne pas non plus les télétravailleurs. 59% de ceux qui télétravaillent deux à trois jours par semaine se plaignent du bruit. C’est particulièrement vrai dans les milieux populaires et évidemment dans les foyers avec au moins un enfant. Et ça ne s’arrange pas en revenant sur site. 30% de ceux qui retournent dans leur entreprise se disent plus sensibles au bruit qu’avant.

Le bruit n’est pas sans conséquence. Pour 6 travailleurs sur 10, le bruit entraine “fatigue, lassitude, irritabilité” dans leur vie quotidienne. C’est une source de stress. Ça peut aller jusqu’à des troubles du sommeil ou une souffrance psychologique.

Quand on regarde les secteurs, c’est dans l’industrie qu’on se plaint le plus du bruit, devant le commerce puis le BTP-construction.

Quels sont les métiers les plus exposés au bruit ?

Le pire, c’est sans doute agent de trafic sur un aéroport. Forcément, au milieu des avions, le bruit peut monter jusqu’à 140 décibels. De quoi endommager l’ouïe de manière irréversible en quelques minutes. Pour la loi, quand on atteint les 85 décibels en moyenne sur une journée de travail, il faut une protection contre le bruit. Dans les faits, beaucoup de métiers dépassent ce seuil. 95% des ouvriers de chantier sont exposés quotidiennement à un niveau de bruit élevé, on note par exemple 120 décibels pour un marteau-piqueur.

Chez les pompiers, la perte auditive est même la deuxième cause de maladie professionnelle. Les musiciens professionnels ne sont pas en reste. Ils ont 4 fois plus de risque de développer de la surdité et des acouphènes. On peut citer aussi les barmans, dans les bars, les discothèques où le bruit peut atteindre 110 décibels pendant plusieurs heures, et là, il n’y a généralement pas de protection particulière.

Les enseignants en école maternelle, les agriculteurs, les routiers ou même nous en radio sommes exposés au bruit. Dans les solutions, on peut déjà réaliser un test auditif pour voir où on en est, s’équiper avec des protections adaptées. Et en dernier lieu demander quand c’est possible à changer d’environnement de travail. 

Géraldine de Mori