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Bistrotier et chauffagiste: destins croisés de professionnels face à l'été qui se prolonge

La chaleur s'est emparée d'une bonne partie de la France en cette fin de semaine. Pour certains professionnels, comme les gérants de bar, les affaires tournent à plein, contrairement aux métiers de l'hiver, comme les chauffagistes.

L'été joue sérieusement les prolongations. À l'approche du mois de novembre, soleil et temps doux sont toujours au rendez-vous sur une grande partie de la France avec un mercure qui a frôlé voire dépassé les 30°C dans plusieurs communes françaises vendredi après-midi. Une journée signalée comme la plus chaude après un 20 octobre depuis le début des relevés météorologiques en 1945, avec une température à l'échelle nationale de 19,45°C.

Des terrasses remplies...

Ces températures font le bonheur des affaires pour beaucoup de professionnels. Sur une grande avenue parisienne, les terrasses font le plein, sur plusieurs centaines de mètres. "Ambiance d'été, on est dans le déni de la rentrée" explique Marine, tout sourire avec son verre à la main et les lunettes de soleil sur la table. Les polos sont toujours de sortie, les pull-overs rangés au placard. Face au comptoir, Giuseppe pianote sur son écran. Une à une, il encaisse les additions, un peu plus nombreuses qu'à l'accoutumée: "On a plus d'activité, ça fait plaisir. C'est ce qu'il nous fait après la période de Covid", fait-il remarquer.

Qui dit plus d'activité, dit aussi un chiffre d'affaires en augmentation. Mains sur les hanches, Florian, le gérant de l'établissement, regarde la terrasse se remplir. "On commence à ressentir une fréquentation beaucoup plus importante, et les gens ont assez envie de profiter." Sur le plan comptable, cette période fait du bien. "C'est bon pour les affaires: on est aux alentours d'une dizaine à une quinzaine de pourcent en plus de chiffre d'affaires."

... aux carnets de rendez-vous vides

Bien loin des terrasses, certains ne peuvent malheureusement pas en dire autant. Jami est plombier chauffagiste. Cette année, les Français tardent à mettre leurs radiateurs en route, alors que l'an dernier on était complètement débordé. "On n'a pas ce qu'on pouvait espérer. On a 'nada', rien en fait", explique-t-il.

Sur l'écran de son ordinateur, seuls quelques rendez-vous s'affichent. Le reste du planning lui, est vide. "C'est la première fois que ça nous arrive. C'est clair que ça nous inquiète. Par rapport à septembre et octobre de l'an dernier, on est à -60% au moins." Si Jami fait partie de ceux qui ont hâte de ressortir du placard écharpe et manteaux, il va pourtant devoir patienter encore un peu. Les premières chutes de températures devraient commencer, dans le courant de la semaine prochaine.

Matthieu Limongi avec MM