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"Ça ne sert à rien de produire très cher": des usines vont rester fermées après Noël

Pour certains entreprises, avec l'augmentation des prix de l'énergie, il n'est plus assez rentable de produire. Certaines usines ne vont donc pas rouvrir tout de suite après les vacances de Noël.

Les entreprises ferment leurs portes pendant la période des fêtes. Mais pour certains géants industriels, la fermeture sera plus longue cette année. Cofigeo, dans l'agroalimentaire, ou Basaltes, dans la sidérurgie, ont annoncé que certains de leurs sites de production ne rouvriraient pas début janvier après les vacances.

Depuis début 2022, Mesmin Beragnes, dirigeant d'une entreprise de production de matériel isolant, vend à perte. En cause, l'explosion de ses coûts de production. Alors c'est décidé, au retour des vacances, ses cinq fours resteront éteints, et ce, au moins jusqu'à fin mars.

“On a plus de 100% d’augmentation sur les matières et entre 500 et 700% d’augmentation sur l’énergie. Ça ne sert à rien de produire très cher pour peut-être ne pas vendre”, indique Mesmin Beragnes.

Le risque de coupures trop important

Des raisons financières, mais pas seulement. Le risque de coupures d'électricité a aussi pesé dans la balance pour décider de la fermeture. “Arrêter un four qui a 200.000 euros de marchandises dedans sous deux heures, c’est massacrer le four et massacrer le contenu”, justifie-t-il.

Pour Jean-Eudes du Mesnil, dirigeant de la Confédération des petites et moyennes entreprises, impossible d'accepter ces fermetures.

“On ne peut pas avoir d'un côté un discours en disant qu'on veut réindustrialiser la France et dans le même temps ne pas aider ces entreprises viables qui sont plombées par les prix de l’énergie et qui n’y peuvent strictement rien", appuie-t-il.

Et malgré la baisse récente des prix de l'énergie, les industriels restent très inquiets pour 2023.

Margaux Boulte avec Guillaume Descours