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Factures énergétiques: nos voisins européens payent-ils plus ou moins cher que nous?

Des ampoules photographiées sur des factures de l'entreprise EDF, le 9 juillet 2013

Des ampoules photographiées sur des factures de l'entreprise EDF, le 9 juillet 2013 - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Si les prix continuent de monter, la France s'en sort-elle mieux que ses voisins européens pour les factures énergétiques?

Le montant de la facture énergétique annuelle d’un salarié français gagnant le SMIC correspond à 30 jours de travail, soit l’équivalent de six semaines. C’est ce que montrent les calculs de la confédération européenne des syndicats.

Il y a 16 pays aujourd’hui en Europe dans lesquels la facture énergétique dépasse les 30 jours de travail au salaire minimum. En 2021, avant l’envolée des prix de l’énergie, seuls huit pays étaient dans ce cas.

Et encore, la France fait plutôt mieux que ses voisins: en Allemagne c’est 33 jours, au Portugal 36, Belgique 37, Espagne 38, Pays-Bas 48 et même 65 en République tchèque.

La France s'en sort bien grâce aux boucliers tarifaires : sur un an, sur un strict plan énergétique (gaz, électricité, carburants) la hausse est de 11% en France, contre 22% en Espagne, 27% en Allemagne, 36% en Belgique et jusqu’à 77% aux Pays-Bas.

Nombre de jours de travail pour payer les factures de chauffage et électricité (salarié payé au Smic)
Nombre de jours de travail pour payer les factures de chauffage et électricité (salarié payé au Smic) © BFMTV

Prévision d'inflation pourtant revue à la hausse

La mauvaise nouvelle, c’est que malgré ces boucliers, l’Insee revoit en hausse sa prévision d’inflation pour la fin de l’année. Mais paradoxalement pas à cause de l’énergie, ni à cause des services, mais en partie du fait de la suppression de la contribution à l’audiovisuel public qui ferait baisser les prix du poste "redevances et abonnements audiovisuels" dans l’indice des prix à la consommation de l'Insee. Les mauvaises surprises pourraient aussi venir des produits industriels, (+5% sur un an fin décembre) et surtout de l’alimentation (environ +12%).

Mais au final, le pire serait derrière nous en matière de pouvoir d’achat: il a baissé de 3% au premier semestre par famille, mais quasiment +2% au deuxième semestre sous l’effet des hausses des salaires, SMIC, traitements des fonctionnaires, prestations sociales.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)