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Guerre en Ukraine: malgré les sanctions, la Russie continue de très bien vendre ses énergies

La Russie a engrangé près de 93 milliards d'euros durant les 100 premiers jours de sa guerre en Ukraine. Il s'agit d'un revenu tiré de l'exportation d'énergies fossiles.

La Russie a engrangé 93 milliards d'euros de revenus tirés de l'exportation d'énergies fossiles durant les 100 premiers jours de sa guerre contre l'Ukraine, selon le rapport du CREA, un centre de recherche indépendant basé en Finlande. Un décompte qui s’arrête le 3 juin.

Selon le CREA, l'UE a représenté 61% des importations fossiles, procurant à Moscou 57 milliards d'euros de recettes. Si on regarde par pays, les plus gros importateurs ont été la Chine, 12,6 milliards d'euros, l'Allemagne, 12,1 milliards, et l'Italie, 7,8 milliards.

De quels hydrocarbures proviennent ces recettes ? D'abord de la vente de pétrole brut, 46 milliards, puis de la vente de gaz acheminé par gazoducs, 24 milliards, des produits pétroliers, le gaz naturel liquéfié (GNL) et enfin le charbon.

La France a augmenté ses achats de GNL russe

La France est particulièrement montrée du doigt. Si certains pays ont fait des efforts importants pour réduire leurs importations comme la Pologne, la Finlande, ou les Pays-Baltes, d'autres ont au contraire augmenté leurs achats. C’est le cas de la Chine, de l’Inde, des Émirats arabes unis ou encore de la France.

Alors que l'UE envisageait déjà des sanctions plus strictes contre la Russie, la France a augmenté ses importations, pour devenir le plus gros acheteur de gaz naturel liquéfié (GNL) russe dans le monde. Il s'agit d'ailleurs d'achats au comptant et non dans le cadre de contrats de long terme.

Au final, la Russie n’a pas réellement perdu d’argent depuis le début de la guerre. Si les exportations ont malgré tout reculé, elle a compensé ce repli par la hausse mondiale des cours de l’énergie.

Emmanuel Lechypre