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Inflation, croissance,... la situation paradoxale de l'économie française

Les dernières annonces du gouvernement peuvent paraître paradoxales. En effet, il est annoncé une chute de la croissance en même temps qu'une réduction des déficits publics. Les explications d'Emmanuel Lechypre.

Moins de croissance, moins de déficits publics. Ce n’est pas très logique, mais tel est le discours du gouvernement. La situation économique est effectivement paradoxale et est en train de se dégrader. D’un côté, la prévision de croissance est divisée par deux pour cette année, et pas qu’un peu de 4% à 2,5%, principalement à cause de la guerre en Ukraine.

De l'autre côté de cette révision en baisse, Bercy revoit fortement à la hausse ses prévisions de recettes fiscales avec 55 milliards d’euros de plus par rapport à la prévision de fin 2021. Normalement moins de croissance, c’est moins de consommation donc moins de TVA, moins d’emploi, donc moins de cotisation et plus de prestations sociales.

Les raisons d'un paradoxe

Ce paradoxe s'explique en partie grâce aux effets magiques de l’inflation sur les comptes publics. Quand l’inflation augmente, à caddy identique au supermarché, le ticket de caisse augmente, et donc les recettes de TVA augmentent.

Les salaires augmentent aussi un peu plus vite, donc les recettes de l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales vont augmenter davantage aussi. Par ailleurs, 2021 a été une année de profits records pour les entreprises, profits qui vont générer plus de recette d’impôts sur les bénéfices.

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Le coup de la "cagnotte"

Le gouvernement est alors en possibilité de refaire le coup de la "cagnotte". À l'été 1999, l’économie française tourne à plein régime. Le président Chirac laisse entendre, lors de l’interview du 14 juillet, que les caisses de l’État sont pleines et que son Premier ministre de cohabitation Lionel Jospin, dissimule une "cagnotte" fiscale.

"Il faut rendre aux Français une part de ce qu’on leur a pris", déclare le chef de l'État

En 2022, le gouvernement semble suivre ce qu'avait dit Jacques Chirac 23 ans plus tôt et "rend aux Français ce qu'on leur a pris". Si on fait l’addition de toutes les aides distribuées depuis l’automne dernier (boucliers gaz et electricité, carburants, chèques en tous genres), l'État a redistribué aux Français 50 milliards d'euros.

Emmanuel Lechypre (avec MM)