RMC
Exclusivité

Inflation: "L'impact de la guerre en Ukraine est devant nous", avertit le président de Système U

Les prix ont augmenté de 3% dans les grandes surfaces au mois d’avril, à cause de la hausse des prix de l’énergie, des mauvaises récoltes ou encore de la grippe aviaire. Mais selon Dominique Schelcher, président de Système U, les conséquences de la guerre en Ukraine ne se sont pas encore répercutées sur les prix.

L’inflation poursuit sa hausse. L’Insee a annoncé fin avril que l’inflation avait continué à accélérer en avril, pour atteindre 4,8% d'augmentation en un an. La hausse des prix se ressent aussi dans les grandes surfaces, avec une hausse de 3% au moins d’avril, du jamais-vu depuis 14 ans.

"Je crains qu’on ne soit qu’à la moitié du chemin"

"C’est le résultat des mauvaises récoltes, des incidents météorologiques de l’année dernière et des négociations commerciales qui avaient pour but de défendre le revenu des agriculteurs", a expliqué Dominique Schelcher, président de Système U, mercredi matin sur RMC. "Mais les prix ne sont pas encore touchés par ce qu’il se passe en Ukraine. L'impact de la guerre est devant nous. Je crains qu’on ne soit qu’à la moitié du chemin", a-t-il averti.

Pour expliquer l’augmentation des prix, Dominique Schelcher prend l’exemple de la tomate: "il faut chauffer les serres. La toile de fond de tout ça, c’est l’énergie", de la moutarde: "la récolte a été très mauvaise au Canada et quand il y a moins de produits disponibles, c’est plus cher", ou encore de la volaille, très touchée par la grippe aviaire cette année, avec 16 millions de volailles abattues en France depuis le mois de novembre.

Un chèque alimentaire bientôt créé?

L’accumulation d’éléments défavorables conduit ainsi à la hausse des prix. Pour optimiser son caddie, Dominique Schelcher conseille d’avoir le "réflexe promotion" et de se tourner vers les marques distributeurs. "Ce sont des produits moins chers que les marques nationales, qui sont fabriqués par des PME françaises et qui ont une qualité de longue date", argumente-t-il forcément dans son rôle de président de Système U. Les produits de marques distributeurs sont pourtant ceux qui ont proportionnellement le plus augmenté (3,3% au mois d’avril, contre 2,6% pour les grandes marques).

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis un chèque alimentaire pour aider "les ménages les plus modestes et les classes moyennes à faire face à ces surcoûts", avait déclaré le Président fin-mars. Désormais élu, 8 millions de personnes pourraient être concernées, mais les conditions à remplir et le montant n’ont pas été tranchés. Emmanuel Macron avait cependant avancé que ce chèque favoriserait les produits de qualité et issus de circuits courts. Et exclurait donc de fait les supermarchés.

LL