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Inflation: pourquoi les prix du porc battent des records historiques

Le porc restait une des viandes les moins touchées par l'inflation. C’est fini, les cours s'envolent à leur tour ces derniers mois. Ce qui n'est pas une mauvais nouvelle pour les éleveurs.

Ce lundi, le prix du porc a franchi la barre symbolique des 2 euros le kilo, sur le marché du porc breton à Plérin (Côtes-d’Armor). La hausse sur les marchés est continue. Il y a un mois, le porc a battu son record historique (1,86 euros le kilo) qui datait de mars 2001, une époque où les consommateurs s'étaient rabattus sur cette viande en pleine crise de la vache folle.

2 euros, c’est aussi ce que ça coûte de produire 1 kilo de porc. Donc vous comprenez que les éleveurs ne gagnent pas d’argent. Mais c’était encore pire avant: jusqu’à lundi, pendant des mois, les éleveurs ont vendu en dessous de ce coût de production, autrement dit: à perte. Donc cette hausse des cours est au moins une bonne nouvelle pour les éleveurs.

Comment expliquer cette situation?

C’est de l’économie de base: demande contre offre. La demande reste soutenue pour cette viande, il y a toujours autant d’acheteurs. Mais en face, il y a moins de viande et moins d'éleveurs.

Avec la crise sanitaire, certaines exploitations ont mis la clé sous la porte. Sur les 10.000 élevages français de porcs, 10 % d’entre eux risquent la cessation d’activité dans les prochains mois selon l’interprofession Inaporc. Moins d’élevage est donc synonyme de moins de viande.

Il y a l’impact de l’inflation, de la hausse du coût des matières premières sur l’alimentation animale… Autrement dit, pour les eleveurs, nourrir les cochons, ça coûte 25% plus cher qu’il y a un an.

C'est un secteur en pleine crise au niveau mondial, l’offre se réduit partout dans le monde. Donc on ne peut pas compenser en achetant du porc moins cher issu de la production porcine d’un autre pays.

Quel impact pour les consommateurs?

Les consommateurs peuvent-ils attendre une mesure de la part de la grande distribution pour limiter l’impact sur le pouvoir d'achat? La hausse des cours est une bonne nouvelle pour les éleveurs, mais ils appellent maintenant la grande distribution à faire un geste supplémentaire.

Traditionnellement, dans un rayon boucherie, le porc est relativement moins cher que le bœuf ou la volaille. On pourrait imaginer que les grandes surfaces rognent leurs marges sur le rayon charcuterie - qui un des plus rentables de la catégorie viande.

Le président de la Fédération nationale porcine (Fnp) estime que “les grandes et moyennes surfaces sont en capacité d'accorder les hausses nécessaires sans même modifier le prix au consommateur", estime François Valy, le président de la FNP.

En janvier dernier, la première "opération anti-inflation" de Leclerc concernait d'ailleurs la baguette de pain (à 29 centimes) mais aussi les côtes de porc à moins de 2 euros le kilo…

Lorraine Goumot (édité par J.A.)