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La Cour des comptes épingle la formation professionnelle: "il faut plus de contrôles"

Dans un rapport sur les dérives budgétaires publié ce mercredi, la Cour des comptes pointe du doigt la gabegie de la formation professionnelle et le détournement de certains fonds de formation. Conséquence, dans certains centres de formation, comme à Bobigny, il n'y a plus assez de moyens pour les chômeurs.

Comme chaque année à cette période, la Cour des Comptes publie ce mercredi son rapport sur les dérives budgétaires et la gestion de l'argent public. Cette année, elle pointe du doigt, entre autres, la gabegie de la formation professionnelle qui coûte 32 milliards d'euros par an. Mais une partie de ces sommes sont gaspillées ou, pire, détournées. Inégalités d'accès à la formation, faible efficacité des dépenses de formation... Dans un rapport de 2007, la cour des comptes dénonçait déjà une gabegie à grande échelle.

Les entreprises, les centres de formations, et même les organismes agréés se servent dans la caisse, selon la Cour des comptes. Résultat: pas assez de fonds pour les chômeurs. Car sur les 32 milliards d'euros alloués à la formation professionnelle, seulement 14% est réellement dédié aux demandeurs d'emploi contre 42% aux salariés du privé. Une aberration pour Patrick Toulmet responsable d’un centre de formation d'apprentis à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

"Pas de volonté politique"

"Il y a beaucoup d'argent mais il doit certainement être redistribué à des organismes privés qui donnent des cours de bowling ou encore des cours de conduite. Il faut que les fonds de formation aillent à la formation", dénonce-t-il. Il faut aussi plus de contrôles dans la distribution de ses fonds. Car entre faux dossiers de remboursement, formations fictives… les fraudes se multiplient. Or, ces dérives étaient déjà dénoncées il y a six ans par Nicolas Perruchot, ancien député LR du Loir-et-Cher.

"Il n'y a jamais eu de volonté politique de contrôler réellement l'emploi de ces fonds, estime-t-il. C'est tout de même très étonnant quand on voit le taux de chômage en France. Je pense qu'il faudrait donc un dispositif beaucoup plus transparent et plus de contrôles". A note qu'en 2014, les services de l’Etat ont contrôlé un peu moins d'un pourcent des organismes de formation.

M.R avec Romain Poisot