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"On va plus à l'essentiel": ces consommateurs convertis au "drive" pour dépenser moins

Pour faire des économies, alors que l'inflation frappe de plein fouet les denrées alimentaires, de nombreux consommateurs se tournent vers le "drive". Ils commandent sur internet et viennent récupérer leurs courses au supermarché.

Elle fait un retour fracassant, en grandes surfaces: l'inflation. Les prix des produits alimentaires ont augmenté de 3,01% en avril. Du jamais-vu depuis 14 ans. Et ce n'est pas fini. D'ici l'été, la hausse pourrait même atteindre 5%, voire 7% selon le patron des magasins U Dominique Schelcher.

Alors les Français redoublent d'inventivité pour éviter de payer leurs courses plus cher que de raison. L'une des parades, c'est "le drive". Le principe est simple, on fait ses courses sur internet et on vient récupérer en voiture le tout au supermarché. Celui d'Athis-Mons, dans l'Essonne, est même devenu un arrêt obligé pour Jacques: "On y vient de plus en plus parce que ça nous permet d'aller à l'essentiel", assure-t-il à RMC.

Chez lui, ça veut d'abord dire ne plus se voir dicter les courses par ses 2 enfants: "Quand on est en grande surface, on dépense toujours un peu plus que ce qu'on a prévu, on est toujours amené à prendre des biscuits ou des gâteaux pour les enfants". Seul devant son ordinateur, il redevient maitre de son caddie, en temps réel: "Si on a pris la décision de dépenser 150 euros, on dépense 150 euros".

"On s'en tient à nos courses sinon on ne s'en sort pas"

D'autant que les économies semblent à portée de main: "On peut avoir des promotions. Aujourd'hui il y avait une baguette gratuite, c'est toujours ça de pris", assure Abdel. Cet ingénieur est formel: même si son coffre est bien rempli, le prix de ses courses a été réduit: "Je pense qu'il y a facilement 10 à 15% d'écart de réduction. Je fais 400 euros de courses par mois donc ça fait 40 euros, c'est pas mal".

Car les prix de tous les produits ont augmenté. Les pâtes ont connu la plus forte la hausse, +15,31% en moyenne sur un an devant les viandes surgelées (+11,34%), les farines (+10,93%), les huiles (+9,98%) et les moutardes (+9,26%).

Alors pour certains, le drive, est désormais une discipline de vie. On n'y revient pas avant d'avoir mangé tout ce que l'on a acheté, voilà la profession de foi de Sabrina, infirmière et maman: "J'essaie de faire en sorte de vraiment commencer mes courses au début du mois et de tenir pour le mois. Avant je voyais le frigo un peu vide, je retournais au supermarché, je voyais quelque chose à la télé, j'allais l'acheter. Là on se dit 'non', on s'en tient à nos courses sinon on ne s'en sort pas". Ces structures sont en pleine expansion, on en compte désormais 5.200 à travers la France, c'est 1.000 de plus qu'il y a 4 ans.

Alfred Aurenche et Caroline Philippe