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"Les gens font l’impasse": la fréquentation des marchés non-alimentaires en forte baisse

Sur certains marchés non-alimentaires, la baisse de fréquentation depuis l’automne est spectaculaire. Notamment à cause de l’inflation. Reportage à Nîmes, dans le Gard.

Avec la crise de l’énergie et la forte inflation, le secteur du textile n’a pas vraiment la cote en ce moment. Et ça se vérifie dans les allées des marchés non-alimentaires. Dans le Gard, la baisse de fréquentation est spectaculaire: entre 20 et 40% de clients en moins par rapport à l'automne, selon le syndicat des commerçants des marchés de France.

"Ca fait un peu triste, c’est dommage. Ça ne donne pas envie de revenir", reconnaît Yves, qui se promène marché des Costières, à Nîmes. "Plein d’emplacements sont vides ces dernières semaines", constate aussi Yasmine, une habituée.

"Pas une saison comme d’habitude"

De leur côté, les commerçants s’inquiètent. Depuis la hausse du prix du carburant et l’inflation, Slédia a dû renoncer au marché d’Arles, l’un des plus importants du secteur, situé à 30 km de Nîmes. "Après 30 ans, j’ai arrêté, je ne peux plus payer le gasoil. Mon véhicule consomme plus qu’une voiture. Des clientes m’ont dit qu’elles ne pouvaient plus venir au marché car elles ne peuvent pas mettre du gasoil. Résultat: on n’a plus personne", regrette-t-elle.

"Les gens font l’impasse sur le textile", explique Jean-Pierre Denis, président du syndicat des commerçants des marchés de France du Gard. Lui prédit déjà que la saison ne sera pas bonne: "On va arriver dans une période où il va faire meilleur et on va avoir les touristes. Mais je pense qu’on n’aura pas une excellente saison comme d’habitude".

Pour faire face à leurs difficultés, le syndicat des commerçants itinérants demande au gouvernement qu’ils puissent bénéficier de carburant détaxé, comme cela se fait déjà pour certaines professions, comme les taxis ou les poids lourds.

Estelle Henry