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Plan de relance: qui va financer les 100 milliards posés sur la table?

Jean Castex répète qu'il n'y aura aucune hausse d'impôts. Mais alors d'où proviendront les fonds?

Avec son plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans présenté jeudi, le gouvernement entend préparer la France de 2030 et aller au-delà du seul rebond de l'économie durement frappée par la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, même si sa priorité reste l'emploi. 

Reste qu'un certain nombre de questions sont toujours en suspens. Et notamment le coût: 100 milliards d'euros pour relancer l'économie, c'est une somme considérable "à la hauteur de la situation exceptionnelle que nous traversons", affirme le Premier ministre qui rappelle que c'est presque quatre fois plus que le plan de relance en 2008. Objectif: revenir au niveau d'avant crise dès 2022. 

Mais comment le gouvernement va-t-il financer ce plan? La moitié des sommes engagées - 40 milliards précisément - sera financée par des fonds européens. Pour le reste, pas de réponse. Jean Castex répète qu'il n'y aura aucune hausse d'impôts. "C'est l'erreur qui a été commise lors de la dernière crise, nous ne la reproduirons pas", insiste-il. 

La France ira chercher le reste sur les marchés financiers, où elle emprunte à des taux très bas, voire négatifs. La dette publique risque de dépasser les 120 % du PIB, mais face à la gravité de la situation, Bruxelles a assoupli ses règles de rigueur budgétaire. Si le plan de relance de 100 milliards d'euros sur deux ans porte ses fruits, son impact sur la dette publique sera "presque entièrement résorbé à partir de 2025", a assuré jeudi le Premier ministre Jean Castex.

De toute façon, Bruno Lemaire, le ministre de l'Economie, l'assume: c'est le temps de la dépense publique, le rétablissement des finances viendra après, principalement grâce au retour de la croissance. Car qui dit croissance dit rentrées fiscales dans les caisses de l'Etat. L'essentiel pour le gouvernement est de créer un climat propice au redémarrage de l'économie. 

Voilà pourquoi les impôts n'augmenteront pas dans un premier temps et qu'aucune contrepartie, en matière d'emploi ou d'environnement, n'est demandé aux entreprises pour l'instant.

Victor Joanin et Pierrick Bonno