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Restauration: faut-il réautoriser les terrasses chauffées en hiver?

Malgré les menaces d'amendes, de nombreux restaurateurs continuent de chauffer leurs terrasses l'hiver. Pourtant, la méthode est proscrite depuis mars dernier et les récalcitrants s'exposent à une amende de 1.500 euros et 3.000 euros en cas de récidive.

Depuis le 31 mars, les restaurateurs n'ont plus le droit de chauffer leurs terrasses, sauf si celles-ci sont couvertes et bien fermées. Mais la résistance s'organise. À Nice, certains dénoncent une mesure contraignante et continuent de chauffer leurs terrasses depuis le retour du froid. Même chose à Paris où, comme à Nice, certains préfèrent payer une amende de 1.500 euros, voire 3.000 euros et une interdiction d'exploiter la terrasse en cas de récidive.

Pour les en dissuader et parce que la verbalisation avec la nouvelle loi s'avère compliquée, la mairie de Paris a mis en place une taxe sur ces terrasses chauffées pourtant interdites donc.

Et sur le plateau des "Grandes Gueules", le débat fait rage entre pro et anti-terrasses chauffées. D'un côté, on estime que les restaurateurs ont déjà bien trop souffert de la pandémie. De l'autre, on dénonce des installations anachroniques face au réchauffement climatique et en pleine crise énergétique.

20% de perte de chiffre d'affaires?

"Qu'est ce qu'on va encore embêter les restaurateurs? Ils ont souffert du Covid-19, on leur a dit de privilégier les terrasses et abandonner l'intérieur, et là on fait demi-tour?", s'émeut l'enseignant Kevin Bossuet. "Est-ce qu'on se rend compte de la perte du chiffre d'affaires?", interroge-t-il, alors que cela pourrait représenter 20% de pertes.

S'il reconnaît qu'il faut faire "quelque chose au niveau de l'écologie", ce ne sont pas quelques terrasses qui vont "remettre en cause tous nos efforts nationaux", croit-il savoir, estimant qu'il est important en ces temps compliqués de se rassembler.

"C'est une mesure de personnes qui ne sont pas heureuses, qui n'ont pas envie de vivre et faire chier les gens. Voilà la France", conclut Kevin Bossuet.

"Est-ce qu'on climatise les terrasses l'été?"

"C'est un problème de cohérence gouvernementale. On ne peut pas dire aux gens de dormir en col roulé et autoriser le gaspillage d'énergie dans la rue", pointe du doigt Kaouther Ben Mohamed. "Je trouve ça incroyable. On ne peut pas dire que c'est un scandale de climatiser des stades au Qatar et accepter de chauffer des terrasses en France", peste Marie-Anne Soubré.

"Il fait froid l'hiver, on met un manteau et si on veut être sur une terrasse, on garde son manteau et son écharpe. Et les restaurateurs filent un plaid et on peut rester sur une terrasse. Est-ce qu'on climatise les terrasses l'été? Non!", ajoute l'avocate, remontée.

"C'est du totalitarisme, on nous dit ce que l'on doit faire et si on ose mettre du chauffage sur une terrasse, tout de suite, c'est le bagne", répond Kevin Bossuet. "Au nom d'une idéologie qu'est l'écologie, on est prêt à mettre le tissu économique de notre pays en l'air", conclut-il.

G.D.