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Transition écologique: "Il faut que les responsables passent à la caisse" selon Gabriel Mazzolini

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, Gabriel Mazzolini, porte-parole de l’ONG "Les Amis de la Terre", a notamment plaidé pour une contribution plus importante à la transition écologique de la part des grandes entreprises qui polluent.

L’incohérence du gouvernement

Gabriel Mazzolini, porte-parole de l’ONG "Les Amis de la Terre", dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story

"Je tiens à rappeler qu’il y a quand même un problème avec la gestion de ce gouvernement par rapport à la question écologique. On a signé, en 2015, l’accord de Paris. On est en retard, en quelque sorte, d’au moins sept ans. C’est en France, sous le quinquennat Macron, qu’il y a eu la loi Climat en 2021. Il y a eu 149 propositions de 150 citoyens réunis dans une convention voulue par Emmanuel Macron. Qu’est-ce qu’il en a été ? Rien. Ça a été détricoté, jusqu’à l’os. Là, tout d’un coup, on se réveille, on tire le signal d’alarme. C’est hallucinant d’agir comme ça. Pendant des mois, on nous a demandé de faire des efforts. On a eu la guerre en Ukraine, on nous a dit de couper le gaz. On a eu quatre vagues de sécheresse, on nous a dit d’arrêter d’arroser, d’utiliser l’eau. Et on a une rentrée politique où on nous dit qu’on va peut-être interdire ou réguler les jets privés, où Emmanuel Macron nous dit que c’est la fin de l’abondance mais on ne sait pas de qui il parle, et là on nous dit qu’il y aura peut-être une taxation sur les superprofits et puis qu’en fait, on va couper de 9 milliards les impôts sur les entreprises. Ce n’est pas sérieux. Moi, je suis en colère."

Faire payer plus les pollueurs

"Il faut proportionner l’effort. On est des millions en France à faire des efforts, des petits gestes. De l’autre côté, sur la question des jets privés par exemple, c’est quand même incroyable. Bernard Arnault se permet de faire Londres Est-Londres Ouest en 17 minutes, en jet privé. Après, on vient nous dire que c’est liberticide de vouloir les interdire. Franchement, ce n’est pas sérieux. (…) En 2020-2021, les bénéfices des grandes entreprises ont augmenté de 86%. Il faut contribuer de manière proportionnelle. Ce ne sont pas des taxes exceptionnelles. Il faut mettre en place un système où c’est clair pour tout le monde que ceux qui polluent le plus, et qui gagnent le plus, payent le plus."

Motiver les Français

"On sait que le prix du gaz va augmenter. Si on veut entraîner les gens dans la transition, parce que là c’était un discours assez martial hier (lundi) de Madame Borne au Medef et ça ne donne pas vraiment envie, il faut premièrement que les responsables passent à la caisse. Et deuxièmement, il faut nous montrer que la transition va nous permettre d’améliorer notre vie. Comme des millions de Français, l’hiver dernier, j’ai fait quelque chose qui m’a semblé assez anodin sur le coup. J’ai coupé le gaz. Je chauffais mon appartement, mais ça ne chauffait pas. Je me suis dit que j’allais exploser ma facture d’énergie. On est 12 millions, en France, à vivre ça. Ça s’appelle la précarité énergétique. On sait qu’on doit rénover 700.000 logements par an. On ne va pas assez vite, on est autour de 90.000 par an. C’est un chantier collectif, qui donnerait de la confiance. Et cela nous permettrait de compenser les 20% d’émissions de gaz à effet de serre de cette précarité énergétique."

LP