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35% des Français préfèrent le chômage à un emploi qui les rend malheureux

Un tiers des Français préféreraient être au chômage que d'avoir un emploi qui les rendrait malheureux. C'est le cas de Patrice qui a quitté un emploi très bien payé, estimant en avoir fait le tour et qui veut "profiter" du chômage plusieurs mois.

Les Français privilégient leur bien-être au travail. Selon la dernière publication du baromètre Workmonitor réalisé par Randstadt dans 34 pays du monde, 35% des Français préféreraient rester au chômage plutôt qu’être malheureux dans leur emploi et 57 % d’entre eux n’hésiteraient pas à refuser un emploi ne permettant pas un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. 

Rester au chômage plutôt que travailler, c'est la voie qu'a choisi pour un temps Patrice: "J’avais atteint tous mes buts. Je gagnais pourtant très bien ma vie, je gagnais jusqu’à 25.000 euros par mois en étant commercial dans les énergies renouvelables. Mais ça ne me plaisait plus et je voulais faire autre chose", raconte-t-il ce vendredi dans Estelle Midi, sur RMC et RMC Story.

Et plutôt que de chercher un travail tout en continuant le sien pour éviter une période de chômage, Patrice l'assure, il a choisi de profiter de sa période sans emploi: "Je vais profiter du système pendant 4-5 mois, le temps de chercher tranquillement un travail ou de créé mon entreprise", raconte-t-il sur le plateau d'"Estelle Midi".

"Pour de plus en plus de gens le travail devient une source de souffrance"

Une situation qui fait hurler Bruno, retraité: "Je suis un vieux con mais on m’a mis des coups de pompes dans le derche quand je ne faisais pas mon boulot", raconte-t-il. "J'ai créé ma boite, j’ai été au chômage quelques mois avant de retrouver un travail. J’avais deux enfants à charge. Mais quand j'entends toutes ces pleureuses du soir au matin ça me désole. J'en ai ras-le-bol de ce pays", dénonçant sans trop de surprise les "discours de fainéants" des opposants à la réforme des retraites.

"Mieux vaut être heureux au travail" appelle Pierre-Edouard Magnan, délégué fédéral du Mouvement national des Chômeurs et précaires. "Mais des deux maux choisissons le moindre, mieux vaut ne pas travailler que d'être malheureux au travail", poursuit-il.

"Pour de plus en plus de gens le travail devient une source de souffrance, et d'incompréhension. Le travail doit être une source de revenus mais aussi d'épanouissement. Or c'est de moins en moins vrai dans notre pays", ajoute Pierre-Edouard Magnan.

Ces exigences françaises peuvent se corréler à une autre réalité. Dans le pays, les travailleurs sont 24% à craindre la perte de leur emploi, beaucoup moins que chez les autres salariés à travers le monde (37%).

G.D.