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"On n'y croyait pas, et pourtant...": les manifestants savourent leur succès et gagnent en confiance

La mobilisation contre la réforme des retraites de jeudi a été un succès avec entre 1.125 million et 2 millions de personnes qui ont défilé. Les manifestants ont savouré et se sentent pousser des ailes.

Les syndicats ont gagné leur pari. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues à travers le pays ce jeudi pour la première journée de mobilisation nationale interprofessionnelle contre la réforme des retraites.

L'intersyndicale savoure et a annoncé jeudi soir que "plus de 2 millions" de personnes ont manifesté dans plus de 200 cortèges, dont environ 400.000 à Paris selon les chiffres de la CGT. Le ministère de l'Intérieur comptabilise de son côté 1.125 million de manifestants dans toute la France, dont 80.000 dans la capitale. Une mobilisation "au-delà de ce qu'on pensait" s'est félicité le leader de la CFDT, Laurent Berger, invité de RMC jeudi matin.

La mobilisation est donc supérieure à celle de décembre 2019, au démarrage de la contestation contre le précédent projet de réforme des retraites (806.000 manifestants en France selon la police, 1,5 million selon la CGT).

"Je pense que tout le monde va être chaud bouillant pour la prochaine fois"

Une première journée de mobilisation réussie qui a de quoi gonfler le moral des manifestants. Ninon a l'habitude des cortèges dans les rues de Paris. Et même pour une habituée comme elle, le nombre de manifestants était un peu déroutant: "Je n'avais jamais fait une manifestation d'une telle ampleur. C'est encourageant, on se dit qu'on est soutenus par l'ensemble de la population. J'y crois encore plus en voyant cette ampleur", savoure-t-elle.

Au milieu des slogans et des drapeaux… Sophie et Agathe dansent, comme étonnées par la foule qui les entoure. "On est heureux ! C'était ça ce qu'on voulait. On n'y croyait pas, et pourtant... C'est rassurant que la révolte soit partagée", lancent-elles à tour de rôle. Elles sont libraires et disent représenter leurs deux collègues restés en boutique.

"Peut-être que la prochaine fois, on sera tous dehors et que la librairie sera fermée. Je pense que tout le monde va être chaud bouillant pour la prochaine fois", assure Sophie.

Une mobilisation également marquée par le faible nombre d'incidents, avec 17 interpellations à Lyon et 44 à Paris.

"Je pense qu'il faut passer peut-être par un sacrifice financier pour gagner après"

Des retraités, des étudiants, des syndicats, et Florian, directeur des ressources humaines dans une collectivité terroriale, pas syndiqué ni adhérent d'un parti, mais mobilisé. "Je suis libre, et comme tout le monde, je perds une journée de salaire mais je pense que la cause en vaut la peine. Et on reviendra tant qu'il faudra", prévient-il.

Margot, professeur des écoles, estime que la perte d'une journée de salaire en vaut la peine: "Je pense qu'il faut passer peut-être par un sacrifice financier pour gagner après. Je suis prête à ne pas compter en fait", promet-elle. Des manifestants qui veulent maintenant croire à un recul du gouvernement.

EN CHIFFRES
Il y avait entre 36.000 (police) et 50.000 (syndicats) personnes à Toulouse / entre 26.000 (police) et 145.000 (syndicats) à Marseille / entre 25.000 (police) et 50.000 (syndicats et décompte Ouest France) à Nantes / entre 19.000 (police) et 25.000 (décompte La Montage) à Clermont-Ferrand / entre 17.000 (police) et 25.000 (syndicats) à Rennes / entre 23.000 (police) et 38.000 (syndicats) à Lyon / entre 13.000 (police) et 19.000 (syndicats) à Rouen.

Marion Gauthier et J.A.