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A la GM&S, malgré les annonces de nouvelles commandes, "pas question de lâcher la pression"

RMC était aux côtés d'une quinzaine de salariés grévistes de la GM&S, cette nuit dans l'usine de La Souterraine, après l'annonce dimanche de nouvelles commandes de Renault et PSA. Malgré cette bouffée d'air frais pour l'équipementier automobile, les salariés restent prudents.

Les 279 salariés de GM&S en passe d'être sauvés? Sous la pression du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, PSA et Renault se sont engagés à augmenter leurs commandes auprès de l'équipementier. Le groupe PSA va augmenter ses commandes de 10 à 12 millions. Le groupe Renault lui va doubler ses commandes pour les porter de 5 à 10 millions. Ces engagements, qui portent le niveau de chiffre d'affaires espéré à 25 millions d'euros contre 16 jusqu'ici devraient "rendre possible la continuité de l’exploitation et la poursuite des discussions sur la reprise de l’entreprise", selon Bercy.

"Il n'y a rien de signé, alors…"

Malgré cette nouvelle, les salariés restent méfiants. Ils étaient encore une quinzaine cette nuit sur le site de La Souterraine, à veiller sur leur usine. A l'annonce de ces nouvelles commandes, pas de joie démesuré. Ici, on a appris à se méfier des effets d'annonce. "On a vu Bernard Cazeneuve (ancien Premier ministre), on a vu François Hollande, on a vu Jean-Luc Mélenchon, on a vu tout le monde… Et pour l'instant on est toujours dans le même état qu'en décembre. Il n'y a rien de signé. Depuis le temps qu'on nous mène en bateau je ne suis pas convaincu", explique sur RMC Didier, qui travaille à la GM&S depuis 30 ans.

"M. Le Maire, il n'y est pour rien"

Et pas question d'applaudir Emmanuel Macron et son ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "S'il a obtenu de PSA et de Renault de nous redonner ce qu'ils nous avaient volé ou pris malhonnêtement, il n'y est pour rien M. Le Maire, s'agace Yann Augras, délégué CGT. Il ne faut pas que ce soit fait pour dire: 'voilà, Macron arrive, il a nommé son ministre de l'économie ils ont tout réussi'. Non, non!" Pas question pour les salariés de "relâcher la pression".

Le tribunal de commerce de Poitiers doit se prononcer mardi sur une éventuelle liquidation de l'entreprise, en situation de redressement judiciaire depuis décembre. Tout l'enjeu des prochains jours sera de trouver un repreneur sérieux, capable de diversifier l'activité du site, pour assurer sa pérennité. Car dans le monde des équipementiers automobile, ultra-concurrentiel, le petit site de La Souterraine, situé dans la Creuse, en plein centre de la France, aux coûts logistiques très élevés, n'est pas encore sorti d'affaire.

P. Gril avec A. Rosique