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Assurance-chômage: que prévoit la réforme du gouvernement?

Le gouvernement a présenté mardi une vaste réforme de l'assurance chômage touchant à la fois à l'indemnisation, à l'accompagnement des chômeurs, ainsi qu'au portefeuille des entreprises abusant des contrats courts via le bonus-malus, une réforme déjà critiquée de toute part.

Le gouvernement a présenté mardi une vaste réforme de l'assurance-chômage qui vise à obtenir jusque 250.000 demandeurs d'emploi en moins et 3,4 milliards d'euros d'économies d'ici 2021 par un durcissement des règles d'indemnisation, une incitation pour les entreprises à moins recourir aux contrats courts et un accompagnement renforcé des chômeurs. 

A partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l'assurance chômage et les conditions de "rechargement" des droits seront également durcies: il faudra avoir travaillé six mois au lieu d'un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d'autant.

Il souhaite d'abord limiter les contrats courts de plus en plus nombreux, ils coûtent cher à l'assurance-chômage car l'Unedic indemnise les périodes entre deux contrats. Un dispositif de bonus/malus va donc pénaliser les entreprises qui en abusent et récompenser les plus vertueuses. Ce système va être mis en oeuvre le 1er janvier 2020 dans sept secteurs de l'économie, dont l'hébergement et la restauration ou encore l'agroalimentaire mais pas dans le bâtiment et la santé, pourtant gros utilisateurs de CDD. Une taxe de 10 euros par CDD d'usage va être créée pour ce contrat spécifique.

Ensuite, un effort va être demandé aux chômeurs les plus aisés: leur allocation baissera après plusieurs mois sans emploi, c'est ce qu'on appelle la dégressivité. A partir du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois au lieu de quatre mois sur 28 pour accéder à l'assurance chômage et les conditions de "rechargement" des droits seront également durcies: il faudra avoir travaillé six mois au lieu d'un pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d'autant. 

Enfin, et là, ça concernera tout le monde, il faudra avoir cotisé plus longtemps pour toucher le chômage, et les règles de calcul de l'indemnisation vont être durcies. Une réforme équilibrée, veut croire l'exécutif, les syndicats de salariés ne sont pas d'accord. Quant au patronat, il a réussi à restreindre le bonus/malus aux 5 à 10 secteurs les plus problématiques.

Objectif: plein emploi en 2025

Première priorité: la baisse du chômage tout au long du quinquennat, 7% en 2022, le plein emploi en 2025, objectifs affichés, répétés par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de sortie du grand débat, le 25 avril.

Deuxième priorité: réduire l'endettement de l'Unedic, environ 35 milliards d'euros aujourd'hui avec des économies programmées de 1 à 1,3 milliard d'euros par an sur 3 ans. 

"De la pure logique budgétaire", s'agace un responsable syndical, qui ne manque pas de critiquer la méthode du gouvernement: des syndicats hors-jeu depuis l'échec des négociations interprofessionnelles fin février, le premier ministre Edouard Philippe seul à la manœuvre et un passage en force de la réforme, par décret, dans le courant de l'été avec une mise en application, pour les nouveaux bénéficiaires de l'assurance chômage, dès le début de l'année 2020.

Paul Barcelonne et Victor Joanin avec Paulina Benavente