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Augmentations de salaires: pour qui et combien?

Les salaires sont au centre de toutes les préoccupations. Ce mardi, une grève est organisée dans différents secteurs pour réclamer des hausses de salaire. Pourtant, 93% des salariés français ont été augmentés cette année, contre 55 % en 2021.

Les hausses de salaires sont la principale bataille sociale de cette rentrée. Si on compile les recensements effectués dans les entreprises par tous les cabinets de conseils en RH, l’augmentation moyenne des salaires cette année devrait avoisiner 3%, soit la hausse la plus importante depuis dix ans. Il faut rappeler que la plupart de ces augmentations ont été négociées l’hiver dernier, avec une inflation à moins de 4%.

La revalorisation est bien plus forte pour les salariés au SMIC, presque 1 sur 5, avec quasiment 8% après les quatre revalorisations intervenues depuis un an. Les fonctionnaires ont bénéficié d’une revalorisation de 3,5% du point d’indice. Au final, selon le cabinet Deloitte, 93% des salariés ont été augmentés en 2022, contre 55% en 2021.

Pour 2023, les perspectives ont été revues à la hausse, mais pour l’instant pas au point de rattraper une inflation qui va se maintenir entre 6 et 7% plusieurs mois encore. Les entreprises annoncent pour l’instant des hausses de 3,5 à 4%, mais aller au-delà sera l’enjeu des fameuses NAO de cet hiver.

Les employés des PME, les moins bien lotis

Beaucoup ont la même stratégie, privilégier les primes sur les augmentations, augmenter les tickets-restaurant, mieux organiser le travail. C’est quand même plus facile pour les grandes entreprises que pour les petites.

Il y a vraiment trois France. Celle des grandes entreprises publiques ou privées qui vont plutôt bien, comme Air France Michelin, SNCF, Bouygues, Total, et qui ont déjà 5 à 6% de hausse, et des primes de 1.000 euros en moyenne. Et pourtant, c’est aussi celle des salariés qui revendiquent le plus.

Il y a la France de la fonction publique, moins bien traitée que les grandes entreprises et qui râle aussi. Et puis la France des PME, dont la situation financière est en train de se dégrader, pour qui ce sera compliqué d’augmenter les salaires et qu’on entend pas manifester.

Emmanuel Lechypre