RMC

"Ce n’est pas le moment": Yves Veyrier se dit contre une relance de la réforme des retraites

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux à l'Elysée. Une "réunion d'écoute" avant de possibles annonces plus tard en juillet

Où en est-on sur la question de la réforme des retraites? Emmanuel Macron reçoit ce mardi les partenaires sociaux. L'occasion pour le chef de l'Etat de revenir sur ce chantier début juin. Un sujet explosif, notamment en ce qui concerne l'âge légal de départ qui pourrait passer de 62 à 64 ans.

>> A LIRE AUSSI - Sur RMC, le patron du Medef plaide pour une "vraie réforme" des retraites: "Il faudra travailler plus longtemps, probablement jusqu'à 64 ans"

Flora, 24 ans travaille dans l’immobilier et sa retraite elle pense déjà se la constituer toute seule.

“Une réforme est nécessaire, oui. On s’organisera comme on peut. Il y a plein d’autres moyens de gagner de l’argent. Il faut capitaliser, économiser, investir”, indique-t-elle.

Le recul de l’âge de la retraite, Cyril libraire de 32 ans, libraire, est carrément contre. “C’est un recul social et je pense qu’on a fait suffisamment de cadeaux aux grandes entreprises pour que ce soit en plus les salariés qui re-trinquent dessus, donc non. Ce serait mettre le feu aux poudres”, estime-t-il.

Pas le bon moment pour réformer

Nadège, 48 ans, esthéticienne, elle, ne cache pas son inquiétude. "Ça me fait peur. On se pose énormément de questions. On se demande si on aura la retraite que ce soit à 60, 62 ou 64 ans. Plus loin non, c’est la limite 64”, juge-t-elle.

Pour Lydia, 56 ans, cadre dans l’hôtellerie, cette réforme est nécessaire, mais arrive trop tôt. “Je pense qu’avec les deux ou trois confinements qu’on a eu là, ça a perturbé tout le circuit économique. Je pense qu’il faut laisser le temps et que dans quatre ou cinq ans, on nous propose quelque chose qui tienne la route”, indique-t-elle.

Un avis que partage également Yves Veyrier secrétaire général FO.

“Ce n’est pas le moment parce que les difficultés en matière de retraite que ce soit pour chacun de se faire une retraite à la fin de sa vie active, elles ne sont pas dues au système actuel mais au problème de l’accès à l’emploi. Et la crise a aggravé ces difficultés. Donc ce n’est pas le moment. Le moment il est de faire en sorte de traiter ses problèmes d’emploi, de revaloriser les emplois, et s’assurer que les seniors restent en emploi et on verra qu’on va résoudre le problème des salariés et celui de l’équilibre”, indique-t-il.

Dans tous les cas, la plupart insistent sur la prise en compte de la pénibilité.

Lionel Dian avec Guillaume Descours