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Chômage technique, perte de chiffre d'affaire: les conséquences du mouvement des "gilets jaunes" sur les entreprises

Le mouvement des gilets jaune n'est pas sans conséquence sur les entreprises.

Dans le Gard, suite aux blocages, certaines entreprises sont obligés de mettre une partie de leurs salariés au chômage partiel. 900 salariés sont concernés dans ce département soit 60.000 heures de travail perdues.

Cela concerne en tout 18 entreprises. Elles ont sollicité la DIRECCTE, la Direction des Entreprises de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi, pour avoir recours à l’aide financière de l'Etat aux chefs d'entreprises pour les heures non travaillées.

"Je vais être dans l’obligation de faire appel au chômage technique"

Pierre Bataille a un salon de coiffure à Alès. Des dizaines de clients annulent chaque jour leur rendez-vous à cause des blocages. Avec cinq employés, il ne sait plus quoi faire.

"Moi je ne me paierai pas et concrètement mes salariés je ne sais pas encore. Je cherche des solutions et surtout je me bats pour eux mais il y a un moment où je vais être dans l’obligation de faire appel au chômage technique et peut-être aux congés même si je n’en ai vraiment pas envie. Là ma perte sur le mois elle est de l’ordre de 50% de mon chiffre d’affaire. On fait comme on peut, on survit, on essaye de se soutenir les uns les autres. J’ai de la chance d’être marié, d’avoir un mari qui a un salaire fixe tous les mois ce qui va me permettre de survivre plus facilement. Si j’avais été seul, j’aurais déjà mis la clé sous la porte".

"L’impact est au-delà de 10 millions d’euros"

Ces blocages touchent aussi de grosses entreprises comme Royal Canin. Une partie des 200 salariés de l'usine d'Aimargues, dans le Gard, est au chômage technique. C'est ce qu'explique Jean-Lin Pelatan, le président de Royal Canin France.

"Notre usine a été arrêtée pendant près d’une semaine depuis mardi jusqu'à une reprise très partielle de l’activité ce lundi. Depuis, on a mis en chômage partiel 140 personnes. Il reste aujourd'hui environ 30 personnes encore en chômage partiel. D'ores et déjà on sait que l’impact est au-delà de 10 millions d’euros. Chaque jour qui passe, on a 50% de notre production qui ne peut pas être vendue. C’est un vrai manque à gagner pour l’entreprise et ses clients".
Bettina de Guglielmo (avec C.P.)