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Dans les centres de formation professionnelle: malgré les emplois à la clé, peu de candidats

Alors que le gouvernement reçoit cette semaine les partenaires sociaux pour préparer sa réforme de la formation professionnelle, RMC s'est rendue dans un centre de formation de l'Essonne. Le constat ? Malgré la promesse de trouver un emploi à l'issue de la formation, le nombre de candidats est famélique.

Le chantier de la formation professionnelle est au cœur des concertations entre le Premier ministre Edouard Philippe et les partenaires sociaux, qui se poursuivent jusqu'à jeudi à Matignon. Le président Emmanuel Macron veut booster la formation professionnelle pour aider les demandeurs d'emplois à dénicher un travail. Il y voit un levier pour réduire le chômage. Un levier qui semble sous-exploité: alors que 32 milliards d'euros y sont consacré chaque année, il manque des candidats, comme a pu s'en rendre compte RMC, qui s'est rendue dans un centre de formation professionnelle, à Ris-Orangis (Essonne).

"Je suis très serein, il y aura toujours des besoins"

Ici, les élèves s'appellent des stagiaires. Ils viennent apprendre notamment, les métiers du bâtiment, en alternance. Bien que le secteur recrute, le groupe du formateur Jacques Laviolette, est loin d'être au complet. "On peut accueillir 18 stagiaires. Aujourd'hui on n'en a que quatre. Il y a de la place pour tout le monde". Les débouchés, la certitude d'un CDI à la sortie, voilà ce qui motive Youssef, qui apprend à poser des fondations pour devenir coffreur-bancheur. "J'ai vu sur une affiche qu'on recherchait 300 coffreur-bancheurs. Je suis très serein, il y aura toujours des besoins".

"Un problème d'image"

De nombreux emplois à pourvoir, mais trop peu de candidats aux formations… Pour Philippe Buchard, le directeur du centre, il y a une explication: "Le métier du bâtiment souffre d'images d'il y a 30 ans qu'il faut maintenant casser. Le métier ne se pratique plus de la même manière. Les conditions de sécurité, notamment, ont beaucoup évolué". Et le constat est le même quel que soit le secteur: dans le transport, la logistique ou l'hôtellerie... il y a plus de places que de stagiaires. En tout, ce centre de formation de Ris-Orangis dispose de 50 places vacantes.

P. G. avec Pierre Rigo