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Grève: la mobilisation en-deçà des espoirs de certains, d'autres mobilisations à venir

La grève interprofessionnelle a réuni 107.000 personnes selon la police et 300.000 d'après la CGT, dans la rue ce mardi. Les manifestants ont des avis mitigés quant au succès de la mobilisation, certains s'en réjouissent quand d'autres déplorent que la baisse du niveau de vie empêche de manifester. En tout cas, la CGT ne compte pas en rester là.

La journée de mardi a été marquée par une grève interprofessionnelle. Au total, 107.000 manifestants ont été comptabilisés en France dont 13.000 à Paris selon le ministère de l'Intérieur. Un nombre qui diffère avec celui de la CGT, qui a compté près de 300.000 personnes dans le pays dont 70.000 dans la capitale. Le préfet de police de Paris s’est, par ailleurs, félicité de la bonne tenue générale de la manifestation.

Du côté des manifestants, les avis sont mitigés quant au succès de la mobilisation. "C'est une vraie réaction vive et viscérale. La suite, ça va être d'augmenter le nombre de mobilisations, en plus il va y avoir les retraites dessus, ça va être un gilet jaune puissance deux", affirme Franck, délégué Sud chez Air France.

Difficile financièrement de faire grève

Une réaction un peu plus mitigée pour d'autres. "On a plein de collègues qui soutiennent le mouvement mais il y a eu une baisse de niveau de vie en l'espace de vingt ans, alors les gens peuvent moins se permettre de faire la grève. Ça a parfaitement fonctionné si le but était de briser les mouvements sociaux, mais ils sont encore plus nécessaires du coup", explique, de son côté, Vincent, fonctionnaire aux finances publiques. Faire grève coûte cher, mais pour certains, il n'y a pas que ça.

"Il y a de la colère, difficile à transformer en mobilisation dans la rue. Il y a aussi la peur, il y a beaucoup de contractuels dans l'Education nationale et ils ont peur de ne pas être reconduits ou reconduites l'année suivante. On les empêche de se mettre en grève par une certaine pression permanente dans les services", souligne Sophie, professeure d'histoire-géographie au collège, présente dans le cortège de Martigues.

Les cheminots reconnaissent qu’on était loin de la journée noire annoncée, mais ils préfèrent regarder le verre à moitié plein, avec un taux de grévistes en légère augmentation par rapport au 29 septembre. Pourtant à la SNCF, seule une minorité de grévistes a reconduit le mouvement pour ce mercredi. "On ne veut pas cramer les mecs", justifie un responsable de Sud Rail, en citant les autres conflits à venir dans les prochains mois, dont la réforme des retraites.

11 centrales nucléaires toujours en grève

D'ailleurs, une nouvelle date de mobilisation doit arriver très vite, d'après une déléguée CGT. "On est sur une dynamique positive, avec plus de manifestants que le 29 septembre, malgré un délai très court pour nous organiser", a-t-elle estimé. Cette dernière mobilisation avait réuni 118.500 personnes dont 13.500 à Paris selon la police, et 250.000 personnes dont 40.000, d'après les organisateurs.

Dans l’énergie, 11 centrales nucléaires sont toujours en grève, et elles le resteront au moins jusqu’à l’ouverture des négociations salariales demain chez EDF.

La rédaction de RMC