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"On est fracassé": la pénibilité, l'un des grands enjeux de la réforme des retraites

Le gouvernement va dévoiler sa réforme des retraites ce mardi (17h30). Si certains points semblent assez limpides comme le recul de l'âge de départ à 64 ans, il y en a d'autres à éclaircir et notamment la question de la pénibilité.

C'est ce mardi à 17h30 que la Première ministre Élisabeth Borne dévoilera la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron, après une première tentative juste avant le Covid. Départ à 64 ans au lieu de 62, 43 années de cotisations, la fin des régimes spéciaux, voilà ce que le gouvernement se prépare à annoncer. Et des mesures très attendues concernant la pénibilité.

Le gouvernement pourrait réintroduire certains critères supprimés en 2017 comme le port des charges lourdes. Le ministre du Travail Olivier Dussopt défend "un suivi médical renforcé" pour les "risques ergonomiques".

Plusieurs salariés exerçant un métier pénible s'inquiètent d'arriver déjà usés à leur retraite. Khemissa, 52 ans, ouvrière dans un abattoir à Fleury-les-Aubrais dans le Loiret, témoigne d'un "travail difficile car on est, toute la journée debout dans le froid, avec parfois des journées de dix heures". "On est fracassé et on n'a même pas le droit à la pénibilité", indique-t-elle.

"Il y a des métiers qui sont difficiles, mais qui ne sont pas pénibles au sens propre. Il y a énormément de métiers qui ne vont pas forcément rentrer dans le critère de pénibilité. Il faudra travailler plus longtemps, mais aussi que les entreprises gardent les personnes jusqu’à 64 ou 65 ans. Il va falloir absorber énormément de seniors dans l’emploi", indique Mathieu Plane, économiste à l'OFCE ce mardi sur RMC

Cette question du travail des seniors est elle aussi attendue. Depuis plusieurs mois, le gouvernement planche sur un dispositif cumul emploi retraite et la création d'un index pour maintenir les salariés les plus âgés dans l'emploi. La question des carrières longues doit aussi être tranchée ce mardi. Partir de deux à quatre ans plus tôt en fonction du nombre de trimestres travaillés avant 16 ou 20 ans.

Une réforme "peu sociale"?

De manière générale, ctte réforme risque d’être vue comme inégalitaire selon Mathieu Plane.

“Le gouvernement essaye de mettre des dispositifs plus sociaux, notamment sur le minimum contributif. Mais le grand enjeu est vraiment sur les carrières longues et la pénibilité. Un cadre qui est entré sur le marché du travail à 23-24 ans ne sera pas concerné par la retraite parce que de toute façon, pour avoir 43 annuités, il sera au-dessus de 65 ans. La réforme ne changera pas grand-chose. La question est vraiment pour ceux qui rentrent plus tôt sur le marché du travail et sur les carrières longues”, indique-t-il.

L’autre point le plus attendu de cette réforme, c’est la retraite minimale: 1.200 euros bruts pour une carrière pleine. Un dispositif à ce stade prévu pour les futurs retraités. La question est de savoir s'il sera progressivement élargi à tous les retraités.

La rédaction de RMC